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Eviter l'euthanasie en "écoutant simplement" les gens: "On voit bien que vous n’avez pas connu la souffrance"

Faut-il permettre à des Belges qui ne sont pas malades, mais qui éprouvent une fatigue de la vie, de se faire euthanasier ? Le débat était sur la table ce midi dans "C'est pas tous les jours dimanche".

Une proposition de loi est en discussion. Selon le baromètre RTL-Ipsos-Le Soir-VTM-Het Laatste Nieuws, 70 % des Belges soutiennent cette nouvelle forme d’euthanasie pour ceux qui en ont tout simplement assez de l’existence.

Le sentiment de “fatigue de vivre” et la précarité sont des faits. Ce sont les médecins qui, souvent, reçoivent ce genre de témoignages. Mais est-ce vraiment un problème médical ? Le médecin n’est-il qu’un simple exécutant ? N’est-ce pas un suicide assisté ? S’oriente-t-on vers une banalisation de l’euthanasie ?


"C’est un échec, c’est un appel à l’aide"

"Ce que la proposition de Monsieur Jean-Jacques De Gucht viserait, ce n’est pas une euthanasie, ce n’est pas de remédier à la souffrance des personnes, c’est d’instaurer un droit au suicide", s'insurge Jean-Paul Van de Walle, avocat et membre de l’Institut Européen de Bioéthique.

"Je dois contredire Monsieur Brotchi  lorsqu'il dit que c’est un droit individuel ou que c’est une question purement individuelle. Commençons par reconnaître la souffrance mais reconnaissons également que le suicide, dans toutes sociétés, ce n’est jamais une réussite, c’est un échec, c’est un appel à l’aide. Si vous êtes pour le débat, j’espère que vous êtes pour le débat uniquement pour entendre cet appel à l’aide mais pas pour entendre dire qu’individuellement nous avons le droit de nous suicider."

 
"On voit bien que vous n’avez pas connu la souffrance"

"Vous vivez dans votre tour d’ivoire, on voit bien que vous n’avez pas connu la souffrance", répond Jacques Brotchi. "Moi, je rencontre tous les jours des clients, simplement en les écoutant, on peut déjà les soulager", lui lance alors Jean-Paul Van de Walle.


"Vous ne respectez pas toute personne qui pense autrement que vous"

"C’est une question de liberté, vous ne respectez pas toute personne qui pense autrement que vous", dit Jacques Brotchi. "C’est une atteinte à la liberté individuelle. Je dirais personnellement que renoncer à sa liberté, c’est renoncer à sa qualité d’homme avec un grand H. Et là, je ne suis pas d’accord avec vous."

Je pense qu’on exagère le rôle des familles, c’est un colloque singulier entre le médecin et la personne concernée.