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Le métier d'enseignants attire de moins en moins de jeunes: comment l'expliquer ?

Les études d'enseignants attirent de moins en moins de jeunes. Ils étaient 14.000 étudiants en études d'instituteurs l'année passée. Une baisse de 18% en 5 ans. Le métier attire moins. Pour quelle raison ? Qu'en pensent les principaux intéressés ?

Louvain-la-Neuve dans le Brabant wallon. Dans une classe, de futurs instituteurs en primaire en plein cours. Ils n’ont même pas encore 20 ans et se forment à jongler avec les référentiels du tronc commun qui définissent désormais les nouveaux contenus d'apprentissage. Un métier particulier aux défis multiples. Anna, une des aspirantes, exprime : "J’ai l’impression qu’on n’est pas nommé tout de suite. Il faut faire beaucoup d’allers et retours. Avec la situation actuelle, l’essence (etc) ça me fait super peur." Ritha, également étudiante estime que "c'est très difficile de garder patience avec les enfants. On essaie de faire notre mieux." Guillaume, lui, espère rapidement trouver la stabilité. "Il y a beaucoup de choses à faire. Vous commencez à 8h30, vous finissez à 16H. A côté, vous avez les corrections, etc. C'est de la petite paperasse comme d'habitude, mais au moins, vous avez de longues journées.

 C'est vraiment une autre manière d'envisager le métier

D'après l'Académie de recherche et d'enseignement supérieur (ARES), l'an dernier le nombre d'étudiants inscrits atteignait son niveau le plus bas depuis quatre ans. Pour Laurence Famelart, professeur de psycho-pédagogie à la haute école Léonarde De Vinci, "C'est déjà l'image véhiculée des enseignants, je pense qu'elle n'est pas très bonne." Ces cinq dernières années, le nombre d'étudiants inscrits en première année a baissé de plus de 18%. La crise sanitaire n'a pas aidé et la perception du métier a changé. "Avant, on était enseignant dans sa classe maintenant on ne l'est plus. On rencontre un public terriblement différent. Il y a beaucoup d'acteurs extérieurs comme les neuro-psys, les logopèdes, etc qu'il faut concerter. C'est vraiment une autre manière d'envisager le métier. Je pense que ça peut faire peur", juge Laurence Famelart.

Une seconde carrière 

Si le nombre de diplômés reste stable, c'est aussi grâce à la reconversion. Kinésithérapeute pendant près de dix ans, Justine a changé d'orientation. "Ce que les enfants apportent, c'était pour moi plus grand que ce que les patients apportaient en kiné." Daniel Maes est le directeur des sciences humaines à la haute école léonard De Vinci :"Effectivement, on a des juristes, des diplomates, des logopèdes, des kinés qui ont fait un autre métier avant. Et ça pour l'enseignement, c'est vraiment une plus-value actuellement. D'avoir des personnes qui ont développé d'autres compétences dans d'autres milieux et qui viennent après dans le milieu de l'enseignement."

En Haute-École, environ 14.000 étudiants suivent la formation initiale des enseignants. Un sur deux la termine dans la durée théorique des trois ans.