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Notre enquête sur le BIO (3/5): voici les contrôles qui sont faits pour garantir que c'est bio

C'est la Semaine bio. Des événements sont organisés dans tout le pays pour faire découvrir un secteur en plein boom. Il y a en effet de plus en plus de consommateurs et de producteurs. Mais le bio suscite de nombreuses questions. La rédaction de RTLinfo.be y répond et vous éclaire à travers cinq reportages. Ce mercredi, nous vous décrivons les contrôles faits par des inspecteurs chez les producteurs pour vérifier qu'ils font bel et bien du bio. Une enquête de Lucas Babillotte.

Les scandales alimentaires à répétition, les révélations choquantes sur la production de certains aliments ou la fabrication de certains plats préparés, les résultats de plus en plus inquiétant de l'impact de certains produits de l'agriculture intensive (pesticides, etc.) sur notre santé, les conditions de l'élevage industriel de certains animaux, la menace globale qui pèse sur notre planète, etc. Les raisons qui poussent à acheter des produits bio ne manquent pas. En Belgique, les consommateurs (et, par ricochet, les producteurs) de ces produits plus sains sont chaque jour plus nombreux (voir chiffres plus bas). Vous êtes toutefois encore une très large majorité à ne jamais acheter bio ou seulement à de rares occasions. Les raisons? Le prix, bien entendu. Mais aussi des interrogations. Parfois même de la méfiance. Derrière tous ces logos et étiquettes verts, qu'est-ce qu'il y a vraiment? Est-ce que ce n'est pas une arnaque pour nous faire payer plus cher? Y a-t-il des contrôles? Notre journaliste Lucas Babillotte a enquêté.

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Comment se déroulent les contrôles ?

L'application du règlement européen est contrôlée au sein de chaque pays d'Europe par des organismes certificateurs indépendants reconnus par les autorités du pays. C'est ainsi qu'en Belgique, 3 organismes ont été reconnus par les autorités côté francophone (Certisys, TÜV Nord Integra et Quality Partner) et un organisme côté flamand (Control Union). La règlementation européenne oblige ces organismes à effectuer au moins un contrôle par an et par opérateur (agriculteur, préparateur / transformateur, distributeur...). Des vérifications et des contrôles sont également réalisés sur ces organismes par les autorités.

Certisys est l'organisme qui contrôle le plus d'opérateurs bio en Belgique aujourd'hui (1.861), dont plus de 1.000 agriculteurs (les ¾ des agriculteurs bio belges), avec en moyenne 2,5 contrôles par an et par opérateur, soit plus de 2 fois plus que ce qu'exige l'Europe. "Peu importe les labels, on contrôle toute la chaîne, de la fourche à la fourchette, assure Nadège De Bonte. La traçabilité est l'une des clés de voute du secteur biologique quel que soit le produit concerné, un produit bio ne doit jamais être perdu de vue."

Chez les producteurs, "les enregistrements ainsi que la traçabilité des intrants et des soins vétérinaires sont vérifiés au même titre que l'alimentation des animaux et que leurs conditions de vie, précise Certisys. Les intrants étant les produits non naturels qui sont ajoutés manuellement pour optimiser la qualité et / ou le rendement de la culture. Un bilan matière est réalisé et un échantillon, destiné à la recherche de substances interdites par la législation bio, est prélevé, ajoute Certisys. Une visite des étables et des parcelles permet de vérifier que l'opérateur respecte les exigences de densité et d'accès aux pâturages ou aux parcours extérieurs. Tous les détails de gestion des parcelles (carnet de culture) et des animaux (carnet d'élevage) sont vérifiés parallèlement à la réalité du terrain."

Chez les préparateurs, "les contrôles consistent entre autres à vérifier l'origine des matières premières de base et les fournisseurs, les lieux de stockage, les mesures de séparations entre les produits conventionnels et biologiques, les recettes et procédures de transformation, la corrélation entre les entrées de matières premières et sorties de produits finis, l'étiquetage..., ajoute Certisys. L'entreprise agroalimentaire est tenue de travailler avec des matières premières issues de l'agriculture biologique, le recours à des rayonnements ionisants est par ailleurs interdit."

Dans les entreprises catering, "les contrôles effectués auprès des restaurants, traiteurs, fast food, snacks, foodtrucks, ... consistent entre autres à vérifier la validité des certificats des matières premières, les lieux de stockage, les mesures de séparations entre les produits conventionnels et biologiques, la composition des produits préparés, les mesures d'hygiène, l'étiquetage, ... indique Certisys. Des prélèvements peuvent également avoir lieu en vue d'analyses réalisées dans un laboratoire accrédité."

Enfin, dans les points de vente, "plusieurs aspects sont vérifiés lors du contrôle, tels que le lieu de stockage, l'absence de confusion entre les produits biologiques, en conversion ou conventionnels, par des références correctes sur les étiquettes, les pancartes et les affichettes dans les lieux de vente, le contrôle des factures d'achat et des bons de livraison, etc."

Les contrôles pour les labels complémentaires (officiels ou privés) des produits alimentaires se font au même moment que la certification bio européenne pour les critères "bio" qu'ils ont en commun. Pour les domaines couverts par les labels privés et non couverts par le règlement européen, les contrôles vont plus loin.