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Soumaya vient d'arriver en Belgique: "Repartir en Somalie, c'est hors de question"

Notre équipe de journalistes est allée à la rencontre de migrants arrivés à Bruxelles. Il est 6 heures du matin au cœur de la capitale européenne. Des corps fatigués émergent d’une nuit trop courte. Les esprits sont ailleurs, à Kaboul, à Alep, à Mogadiscio, des enfers sur terre ou ce qui s’en rapproche. Tous sont arrivés ici au terme d’un long, trop long voyage.

Michel a déjà arpenté le trottoir où les réfugiés font la file, il y a quelques semaines déjà. Il est convoqué pour un 2ème entretien. Autrefois instituteur en Syrie, il a fui la barbarie. "Daesch ne sont pas humains. Ce sont des sauvages. Non, pardon, les sauvages sont mieux que ces terroristes", a-t-il indiqué.


"Il y a partout des balles perdues"

Lina est musulmane sunnite comme la majorité des Syriens. Architecte à Alep, elle vivait confortablement jusqu’il y a un an. "Ma maison a été bombardée. La maison de mes parents a été bombardée. Il y a partout des balles perdues. On en peut pas marcher dans la rue. Tout est devenu très très cher. C'est le conflit, la guerre", a-t-elle témoigné.

80% des Syriens obtiendront leur statut de réfugié. Parmi eux, notre journaliste Dominique Demoulin a rencontré 4 petites filles privées d’école dans leur pays. "J’ai payé 10.000 dollars pour arriver ici. C’est tout ce que je possédais", a déclaré leur papa. "Tout ce que j’espère, c’est que mes enfants puissent aller à l’école", a ajouté leur maman.


"On pensait bien que ça allait arriver"

A 8 heures, l’Office des étrangers ouvre ses portes. L’espoir est derrière les vitres mais pas pour tous. Chaque jour, 250 demandeurs d’asile seulement sont enregistrés. Les autres patientent, deux ou 3 nuits, parfois dans un campement de fortune, tant ils sont nombreux à se presser ici chaque matin. "Au niveau de l'Europe, il y avait déjà des flux migratoires élevés depuis quelques mois, donc on pensait bien que ça allait arriver en Belgique à un moment ou un autre. Maintenant, la route des Balkans l'été, je pense que c'est plus facile qu'en plein hiver. Je n'imagine pas les gens traverser toute une partie de l'Europe dans deux mois. Maintenant, ce n'est jamais qu'une explication", a déclaré Dominique Ernould, porte-parole de l’Office des étrangers.


"Mes deux autres frères ont été tués sous nos yeux"

Depuis le début du mois de mai, 3.600 Irakiens et 2.020 Syriens sont arrivés ici, fuyant l’état islamique. A leur coté, 1.214 Afghans confrontés aux talibans et 1.161 Somaliens qui eux aussi fuient les islamistes des milices shebab. C’est le cas de Soumaya, elle a 15 ans, elle débarque tout juste de Somalie. "Mon frère et moi, on a fui le pays. Nous avons perdu notre mère. Mes deux autres frères ont été tués sous nos yeux. On est arrivé en Belgique hier. On a eu la chance d’échapper à la guerre. Repartir en Somalie, c’est hors de question", a-t-elle confié.

La jeune fille nous a confié avoir échangé ses boucles d’oreille en or contre un aller simple pour l’Europe. "J’espère qu’ici, ils vont nous accueillir en sécurité. Je voudrais juste un logement avec mon frère, c’est tout", a-t-elle ajouté.

Un peu de paix et de tranquilité, tel est le rêve si simple de beaucoup d'entre eux.