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Passage à niveau supprimé à Cheratte: Daniel enrage d'autant plus que le tunnel qui le remplace est "régulièrement inondé"

Daniel nous a contactés via le bouton orange Alertez-nous pour dénoncer l’installation par Infrabel d’un nouveau passage sous voies à Cheratte, en province de Liège. Le problème selon lui ? Le tunnel est trop sombre, mal organisé et régulièrement inondé. Les habitants regrettent leur ancien passage à niveau, bien plus simple, selon eux. Mais la mission d’Infrabel est de renforcer la sécurité des usagers, et cela passe notamment par la suppression des passages à niveau. A terme, le gestionnaire de l’infrastructure ferroviaire belge espère en supprimer le plus possible.

"Infrabel a construit deux passages sous voies avec comme but de supprimer deux passages à niveau. Mais depuis, ils sont régulièrement inondés", écrit Daniel via notre bouton orange Alertez-nous.

Cet habitant de Cheratte, en province de Liège, est en colère contre le nouveau tunnel qui vient remplacer le passage à niveau près de chez lui. "C’était si facile avant avec le passage à niveau", commente-t-il. "La population est vraiment très fâchée. C’est peut-être bien mais il faut faire ça à un autre endroit. Ici, on coupe le village en deux", ajoute Daniel.

"Moi, si c’étaient mes enfants, ils ne passeraient pas là. Ça, c’est clair !", s’exclame Jacky, un autre riverain présent lors de notre tournage.


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Ce qu’ils reprochent à Infrabel aujourd’hui ? La dangerosité des lieux. Selon eux, le tunnel est trop sombre et mal organisé avec des escaliers beaucoup trop raides et fait en pierre bleue, ce qui les rend glissants par temps de pluie. "Ma maman, si elle doit passer ici pour venir me dire bonjour, elle fait comment ? Elle habite à 100 mètres à vol d’oiseau. Elle venait, elle traversait le passage à niveau et elle venait à la maison. Maintenant, elle n’ose plus", explique Jacky. "Et l’hiver, quand ça sera plein de verglas ? Les petits enfants ? On va avoir des accidents ici. C’est très dangereux", lance à son tour Daniel.


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Autre problème : ce passage souterrain se situe en dessous du niveau de la Meuse. Et il est régulièrement inondé. La seule solution, lorsqu’il est impraticable, est alors de faire un détour de plusieurs centaines de mètres pour rejoindre l’autre côté. Une véritable galère pour une partie de la population. "A chaque fois qu’il pleut, c’est inondé. On ne sait plus passer quand c’est plein d’eau. On doit faire le tour et c’est 1km de détour à pied, déplore Daniel. Il faudrait que les pompes tournent tout le temps pour éviter que ce soit inondé. Ça n’a pas été bien étudié, avec une école juste à côté."

Infrabel n’est pas inquiet

Mais cette situation n’inquiète pas Infrabel, habituée aux plaintes pour ce genre de projets. "C’est très souvent impopulaire parce que ça change les habitudes des habitants. C’est la raison pour laquelle on s’efforce de faire preuve de pédagogie. Le projet est de manière pratiquement systématique présenté aux riverains concernés", développe Frédéric Sacré, le porte-parole de la société gestionnaire de l'infrastructure ferroviaire belge.


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Depuis 2005, la société a supprimé plus de 400 passages à niveau sur l’ensemble du réseau ferroviaire. Construire des alternatives a déjà coûté près de 500 millions d’euros.

L’objectif d’Infrabel ? Renforcer la sécurité face à des comportements imprudents. "On voit qu’à peu près 4 à 5 accidents sur 10, c’est une transgression volontaire. C’est quelqu’un qui va se mettre à courir quand les barrières se ferment", détaille ainsi Frédéric Sacré. "A peu près aussi 4 à 5 accidents sur 10, c’est quelqu’un qui va par exemple s’immobiliser sur le passage à niveau et puis qui va être bloqué parce qu’il y a une remontée de file. Et puis, dans un cas sur 10, interviennent les phénomènes climatiques", poursuit le porte-parole.


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Les passages à niveau provoquent en moyenne chaque semaine, un accident. Et un mort ou un blessé chaque mois. Infrabel espère donc en supprimer le plus possible. Il en reste aujourd’hui 1.700 sur l’ensemble du territoire.