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Et soudain, le moteur de son bolide part en fumée: Lamborghini réagit aux accusations de Jean-Charles et l'attaque pour "chantage"

Jean-Charles a vu le moteur de sa Lamborghini partir en fumée lors d'une sortie dans les montagnes. Après expertise, il s'est révélé que le problème provenait d'un défaut de construction. Après des mois de tractations, Lamborghini lui a finalement proposé de changer le moteur de sa voiture. Mais Jean-Charles a refusé. Pour lui, il est désormais inimaginable de rouler avec le même matériel et il demande au constructeur automobile de lui mettre un nouveau modèle à disposition. Une proposition que Lamborghini refuse, d'autant plus que le véhicule de Jean-Charles appartenait à une société désormais en faillite.

Jean-Charles est un homme d'affaires français qui a fait fortune en lançant une chaîne de restaurants à thème. Un business qui a permis à cet habitant de Perpignan d'atteindre son rêve de "réussite" sur base d'une de ses créations. Mais Jean-Charles avait un autre rêve: posséder une Lamborghini, la marque de voiture qui, selon lui, n'a nul autre pareil. Des voitures d'exception, à tel point que, par exemple, seulement 22 exemplaires ont été immatriculés en Belgique durant l'année 2015.

Ce rêve, il a pu le concrétiser en 2012 lorsqu'il a acheté une Lamborgini Gallardo d'occasion d'une valeur de 135.000 euros. La voiture n'avait que 18.000 kilomètres au compteur. Un prix "correct" quand on sait que le modèle le moins cher est la Huracan LP 580 de deux roues motrices, commercialisée à partir de 182.000 euros TVA comprise, comme nous l'a précisé Sylvie Huwart, responsable presse de Lamborghini en Belgique.

Mais en septembre 2013, c'est la douche froide pour notre homme d'affaires. Lors d'une sortie en montagne, un bruit "sourd" saisit Jean-Chales, et la Lamborghini s'immobilise. "Le carter (c'est quoi un carter?) était cassé en plusieurs endroits. Et donc on m'a dit qu'il n'y avait rien à faire. Le moteur était foutu", nous a confié Jean-Charles via notre bouton orange Alertez-nous.

Ce passionné d'automobile avait son "jouet" depuis un peu plus d'un an. Il avait 43.848 km au total, dont 25.000 aux mains de Jean-Charles. "Pour moi c'était un rêve de posséder une telle voiture, de pouvoir me l'offrir".

"Trouver la cause, quel que soit le temps que ça prendra"

Après le remorquage de la voiture jusqu'à un garage Lamborghini basé à Lyon, un devis de remplacement du moteur est proposé au propriétaire de la voiture. Le montant est colossal: plus ou moins 40.000 euros. "Ca ne va pas se passer comme ça. Je sais ce que je faisais et je n'ai jamais utilisé le moteur de façon contre-indiquée. En outre, j'ai toujours fait les entretiens en temps et en heure", fulmine Jean-Charles qui décide de lancer une procédure en justice.

Lamborghini propose alors une expertise au cours de laquelle des dégâts sont détectés, avec notamment tout un piston cassé ainsi qu'une bielle qui a cédé. Mais personne ne peut expliquer ces casses et le constat tombe: "Lamborghini m'a dit qu'ils ne pouvaient rien faire car leurs torts n'étaient pas prouvés", déplore notre témoin.

Jean-Charles enrage et se montre déterminé à ne pas en rester là. "Pour moi, il fallait absolument trouver quelle était la cause de la casse moteur. Donc pas le choix, on allait trouver, quel que soit le temps que cela devait prendre".

Notre témoin mandate alors son expert, spécialisé. "Un vrai passionné de moteurs", précise Jean-Charles. Cet expert se rend plusieurs fois à Lyon et procède à un démontage complet, pièce par pièce, du moteur assemblé par Audi, Lamborghini étant passé dans le giron du groupe VW depuis 1998. Après des heures de travail, eurêka ! Il parvient à démontrer qu'une pièce s'était désolidarisée de la bielle avant que le moteur ne casse. Avec l'accord de Jean-Charles, il emmène le tout au Centre technique des industries mécaniques (CETIM) pour faire des analyses approfondies sur les matériaux mis en cause.

Jean-Charles attend donc des infos supplémentaires de son expert. Mais quand son téléphone sonne, ce n'est pas lui qui se trouve au bout du fil. "Surprise, alors que l'expert était parti vers le CETIM moins d'une heure avant, Lamborghini m'appelle et me propose un arrangement à l'amiable. Le deal était de me remplacer le moteur, à leurs frais. En échange, ils voulaient tout arrêter et donc empêcher l'expert judiciaire de faire l'analyse au CETIM", explique Jean- Charles.

Les négociations échouent

Une table ronde est alors organisée avec tous les acteurs impliqués dans cette affaire. Lamborghini propose à Jean-Charles de lui fournir un nouveau moteur gratuitement, mais sans prendre les autres frais relatifs à la casse en charge, comme le dépannage du véhicule, les
expertises et les frais de garde de la voiture depuis son immobilisation.

L'affaire aurait pu en rester là. Quelques poignées de mains, une entente cordiale et Jean-Charles repart avec un moteur neuf et peut à nouveau aller s'amuser avec son bolide. Mais notre témoin prend alors une décision étonnante, basée sur la sécurité. Car les analyses au CETIM, il a malgré tout demandé à son expert de les réaliser. "Le procès-verbal d'examen métallurgique du CETIM conclut à une rupture par fatigue mécanique sous des contraintes répétées et peu élevées. A l'origine de cette rupture de fatigue, il est déterminé la présence d'irrégularités superficielles (défaut de forgeage), un défaut d'usinage et une décarburation superficielle". Et la conclusion de l'expert tombe. "La rupture de la 8e bielle a pour origine un défaut tenant à son mode de fabrication".

Sortant cet argument de son chapeau, Jean-Charles refuse la solution à l'amiable proposée par Lamborghini, et exige que la marque de voitures de luxe lui mette un nouveau modèle à sa disposition. Un nouveau véhicule qui n'est plus équipé de ce moteur V10 que l'on retrouve également sur les Audi RS6 et R8. "Je ne demande pas qu'ils me la donnent ou qu'ils la mettent à mon nom. Juste qu'ils me la mettent à disposition pendant 4 ou 5 ans".

Motif ? "Une panne m'est déjà arrivée une fois. Un défaut de conception a été trouvé sur ce moteur. Je ne veux pas prendre le risque que cela m'arrive à nouveau", argumente Jean-Charles. "Si le même problème m'arrive à 100 km/h ou 200 km/h, je ne serai peut-être plus là pour en parler", ajoute-t-il.


La revendication de trop ?

Pour Jean-Charles, le souci dont il a été victime avec ce moteur n'est donc pas un cas unique.  Rien ne permet, à l'heure actuelle, de confirmer cela. Mais pour notre témoin, c'est près de 20.000 voitures qui risquent à tout moment la casse, car équipées du même bloc V10.

Lamborghini et tout le groupe VW balaient ce constat de la main. D'après le responsable presse, aucune plainte de ce type n'est d'ailleurs un jour parvenue au constructeur. Idem chez Audi, qui fabrique ce moteur V10.

Mais un autre élément s'avère primordial pour comprendre le refus de Lamborghini d'encore négocier. La voiture appartenait à une société de Jean-Charles. Une société qui depuis a été déclarée en faillite. Jean-Charles n'est donc pas le propriétaire légal du véhicule, ce qui le prive de tout recours légal. "Automobili Lamborghini S.p.A. a pour habitude de traiter directement avec le propriétaire légitime du véhicule, qui est seul détenteur du titre exclusif de tous les droits connexes, afin de régler tout problème. Or, Monsieur Bissionnier, sur la base qu'il n'est pas le propriétaire du véhicule, n'a pas le titre qui lui confère le droit à une quelconque action contre Automobili Lamborghini S.p.A.", nous a communiqué Lamborghini via son bureau d'avocats. 

"Même si on voulait faire quelque chose, ce ne serait pas possible. Si Lamborghini offre désormais quelque chose à ce monsieur, ce serait de l'abus de bien sociaux", a précisé l'avocat qui défend les droits de Lamborghini dans cette affaire. 


"Le chantage constitue un acte pénalement répréhensible"

Mais Jean-Charles n'en a cure, et continue sa campagne qui vise à dénoncer ce qu'il considère comme un "scandale de grande ampleur", notamment via des sites web mis en ligne et les réseaux sociaux. Une manière de faire qui déplaît fortement à Lamborghini. "A ce titre, nous souhaitons attirer votre attention sur le fait que le chantage constitue un acte pénalement répréhensible conformément à l'article 312-10 du code pénal (français)", lui a ainsi fait parvenir par courrier le cabinet d'avocats qui défend Lamborghini dans cette affaire, ajoutant la menace: "Le chantage est puni de 5 ans d'emprisonnement et de 75.000 euros d'amende".

Et quelques semaines plus tard, arriva ce qui devait arriver. Faisant fi des mises en garde répétées, Jean-Charles a poursuivi son action, et Lamborghini a porté plainte. "En raison des réclamations et menaces répétées de Mr. B. visant à obtenir des avantages personnels, Automobili Lamborghini S.p.A. a déposé une plainte afin de poursuivre légalement de tels actes criminels".

Jean-Charles fait donc l'objet d'une plainte pénale en France... Mais cela ne le tracasse visiblement pas énormément. "Aujourd'hui je n'ai pas peur. J'ai été assez intelligent que pour divulguer quelques infos sur YouTube ou via internet. Je suis déterminé et j'y vais franco. Je crois qu'apès deux ans et demi de balade, Lamborghini n'a pas à faire cela à un de ses clients".

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