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A plus de 50 ans, Roland perd son boulot et décide de se former à un "job du futur": voici les métiers porteurs de demain

A plus de 50 ans, Roland perd son boulot et décide de se former à un

À 56 ans, Roland est aujourd'hui pilote de drone. Après avoir perdu son emploi, il a décidé de se lancer dans un "job du futur". D'ici 2030, le cabinet de conseil McKinsey estime que 200.000 emplois liés à l'intelligence artificielle vont se créer en Belgique. À côté, d'autres métiers vont disparaître. Petit tour d'horizon du marché du travail de demain.

Roland est pilote de drone depuis seulement deux ans. "C'est une reconversion professionnelle. Je me suis dit que le drone est une option qui est prometteuse. Pour l'instant, ça se développe bien", confie-t-il.

L'entreprise où travaillait Roland a fermé ses portes. Alors, à 56 ans, il s'est lancé un nouveau défi: cartographier des sites avec ses drones. "Le domaine est assez large, ça va de la carrière à faire du comptage de plans de maïs, de betterave, de tout ce qu'on veut. Je travaille parfois pour les chemins de fer, pour les lignes électriques… On fait aussi de la recherche, de la détection de fuite sur des conduites d'eau enterrées", explique notre témoin.

Les applications du drone ne s'arrêtent pas là. "Il y a aussi les loisirs, la surveillance de site, la détection de personnes, des situations d'urgence où il faut une vue dans des endroits peu accessibles", indique Roland.


Les métiers "du futur" représenteront près d'un quart des offres d'emploi

Roland exerce déjà ce qu'on peut appeler un "job du futur". Selon le cabinet de conseil McKinsey, 200.000 emplois liés à l'intelligence artificielle vont se créer en Belgique d'ici 2030. Certains emplois risquent de disparaître, mais le solde resterait positif avec la création nette de 40.000 emplois. Le Forem ne se risque pas à chiffrer la création d'emploi, mais il estime que d'ici cinq ans, les métiers du futur représenteront 20 à 25% des offres d'emploi.

Ces métiers du futur sont liés au développement des nouvelles technologies et de l'intelligence artificielle, telles que la robotisation, la numérisation, ou encore l'arrivée du big data (données massives). "Des data scientists, on en parle beaucoup. Ce sont des personnes capables d'analyser au départ de sources de données, différencier et créer des algorithmes pour pouvoir interpréter et proposer des solutions", indique Yves Magnan, directeur général des produits et services au Forem. "On a aujourd'hui des logiciels qui permettent de modéliser les plans d'une maison, toute l'infrastructure. Donc là on voir arriver, non plus un dessinateur, mais des personnes qui vont devoir développer des compétences pour pouvoir utiliser ce genre de logiciel hyper-performant", ajoute-t-il.

Voici quelques autres exemples de jobs du futur: e-tuteur (professeur en ligne), pilote de drone, réparateur de drone, nettoyeur de panneaux photovoltaïques, e-nettoyeurs (nettoyage du profil numérique d'une personne), ingénieur en intelligence artificielle, psydesigner (donner une personnalité à une machine dotée d'intelligence artificielle), éthicien (aspect éthique de l'intelligence artificielle), etc.

Il s'agit de nouveaux métiers en demande, à côté des traditionnels métiers en pénurie: tôlier, couvreur, pharmacien, ouvrier de voirie, mécanicien, chauffeur poids lourds, bouchers, etc.

Ces nouveaux métiers apparaissent dans de nombreux secteurs: la manufacture, la production industrielle, la construction, l'agriculture, l'automobile, la santé, la finance ou l'éducation.


Des métiers vont disparaître

En revanche, les métiers qui risquent de disparaître sont les métiers répétitifs, peu qualifiés et sans grande valeur ajoutée. "Je n'aime pas le terme 'disparaître'. Se raréfier, peut-être. On va voir un basculement vers des métiers. Je crois que les technologies qui arrivent, elles sont là pour soulager l'être humain et éviter des problèmes de sécurité. S'il faut intervenir dans une zone confinée et qu'on peut envoyer un robot au lieu d'un être humain, oui il faut le faire. Donc il y aura une mutation", estime Yves Magnan.

Pour le directeur général des produits et services au Forem, il ne faut pas chercher à contrer la mutation, mais plutôt à l'accompagner. "Au travers du développement de ces compétences. Faire en sorte que les travailleurs dans les entreprises, les demandeurs d'emploi et les étudiants développent les compétences attendues pour être au rendez-vous des nouvelles technologies. Est-ce que des métiers vont disparaître? Peut-être, mais je pense qu'ils seront rapidement remplacés. On le voit avec l'intelligence artificielle et la robotique, on voit que de nouveaux métiers vont arriver", confie Yves Magnan.

Il est fini le temps où on apprenait jusqu'à ses 20 ans, on travaillait et puis on partait à la pension

L'ASBL Innovatech accompagne le développement technologique d'entreprises wallonnes. Philippe Creteur, conseiller en communication pour l'association, n'y va pas par quatre chemins: "Il est fini le temps où on apprenait jusqu'à ses 20 ans, on travaillait et puis on partait à la pension. Maintenant on apprend un métier de base, on travaille le plus vite possible pour acquérir un savoir-faire qu'on n'acquiert que sur place, et puis on se forme en fonction des nécessités. On va être de plus en plus amenés à être mobiles, à aller travailler pour l'un ou l'autre secteur".

Le spécialiste indique que les secteurs changent, et que des compétences peuvent être utilisées dans d'autres secteurs. Philippe Creteur prend l'exemple de la fermeture de Caterpillar à Charleroi. "On a toute une série de personnes qui se sont retrouvées sans emploi, mais qui se sont formées. Non pas à un nouveau métier, car ce métier en général elles le connaissaient très bien, mais aux particularités d'un autre secteur dans lequel leurs compétences sont utiles. Il s'agira simplement de se mettre à jour", indique le représentant d'Innovatech.


Les universités s'adaptent

Pour se former aux métiers du futur, de nombreuses universités et hautes écoles développent de nouveaux cursus: master en ruralité intelligente à l'UNamur, master en big data à l'ULB, formation en biosécurité à l'Institut supérieur industriel de Bruxelles, master déjà existant en intelligence artificielle à l'ULB et l'UCL. La future Cité des Arts & Métiers de Charleroi est également un exemple de lieu de formation.

Il y a également les 25 centres de compétence du Forem avec des formations en technologies, industries, construction, automobile, électromécanique, etc.

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