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Dette publique: les riches vont-ils contribuer via une taxe?

 
 

En France, des grosses fortunes sont prêtes à contribuer à assainir la dette publique. Leur effort passera par une taxe limitée dans le temps. Et chez nous ? Certains patrons se disent volontaires.

Le formateur Elio Di Rupo et les huit partis engagés à former un gouvernement se retrouvent ce jeudi pour une nouvelle journée de travail. Les négociateurs devront notamment aborder le délicat dossier de la dette publique. L’Etat doit combler un déficit de 22 milliards d’euros, selon la note du formateur. En cette période d’austérité globale, certaines initiatives fleurissent pour renflouer les caisses publiques.

Les patrons français jouent les bons Samaritains

En France, des riches vont se dévouer pour aider le pays à se désendetter. Mais leur effort passera par une taxe limitée dans le temps, jugée "symbolique" par les experts. Le gouvernement français va créer en 2012 une "contribution exceptionnelle sur les hauts revenus", a annoncé mercredi le Premier ministre François Fillon. Cette taxe de 3% visera les revenus du travail et du capital dépassant 500.000 euros par an, et rapportera 200 millions annuels dans les caisses de l'Etat. "Il s'agit d'une taxation exceptionnelle" qui sera "supprimée" lorsque le déficit public de la France aura été ramené à 3% du PIB, a précisé le Premier ministre. Si la France respecte ses promesses, la taxe restera en vigueur jusqu'en 2013 et disparaîtra l'année suivante.

Un exemple à suivre en Belgique ? 

Peut-on imaginer la même taxe chez nous ? La situation est différente en Belgique, notamment sur le plan fiscal. "Il y a chez nous moins de personnes qui deviennent immensément riches en si peu de temps. Les règles fiscales sont totalement différentes et, surtout, on observe de grandes différences en termes de culture et de mentalité", indique ce jeudi Jean-Paul Colette, porte-parole de la fondation Roi Baudouin, dans la Libre Belgique.

Mestdagh prêt à contribuer...

Même si les plus grosses fortunes de notre royaume ne sont pas demandeuses d’une nouvelle taxe, certains patrons font cependant preuve de générosité. Eric Mestdagh, patron du groupe du même nom, se dit prêt à contribuer à l’effort, tout en remettant en cause la bonne volonté des millionnaires français. "C’est un peu facile. Les grands patrons en France disent qu’ils vont passer à la caisse. Mais on sait tous que les entreprises du CAC 40 ne payent pas d’impôts. Par contre, si cela est à titre privé, je trouve alors que c'est une très bonne idée", estime-t-il ce jeudi matin sur les ondes de Bel RTL.

... si la finalité est réelle

S’il n’est pas opposé au principe d’une contribution exceptionnelle, Eric Mestdagh exige toutefois qu’il s’accompagne d’une efficacité tangible. "On pourrait très bien le faire de manière temporaire en Belgique. Mais la question, c’est surtout de savoir ce que l’on va faire de cet argent. Si c’est pour payer plus de fonctionnaires ou pour faire encore plus de travaux inutiles, c’est évidemment un impôt qui ne servira à rien. Si par contre, c’est pour promouvoir l’entrepreneurship, valoriser les enseignants, améliorer les infrastructures et augmenter l’efficience de l’Etat ou des gouvernements régionaux, alors je signe des deux mains", assure-t-il.

Des millionnaires généreux mais plus discrets 

Et il n’est pas le seul. Selon Jean-Paul Colette, de nombreux Belges fortunés se montrent généreux, tels qu’Albert Frère ou Etienne Davignon. Contrairement aux Français, ces millionnaires se montrent généralement plus discrets et leur contribution est moins importante.

En revanche, d’autres rejettent en bloc cette idée d’une "super-taxe" à la française. C’est le cas de Roland Duchâtelet, le patron du holding Elex et du Standard. Pour lui, pas question de payer encore plus d’impôts.




 

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