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Et si la fiscalité belge encourageait l'évasion fiscale ?

Dans le fameux dossier de "l'offshore leaks", environ 90 dossiers concernant des sociétés belges, ont été révélés. Des sociétés, essentiellement flamande, comme le précise, aujourd'hui, le journal "Le Soir".

Qui sont ces Belges qui profitent des paradis fiscaux ? Dans l’enquête internationale sur les sociétés offshores, 90 dossiers concernent la Belgique, il y en a 4 fois plus en Flandre qu’en Wallonie. Sur base des adresses légales où les sociétés sont déclarées, cette carte révèle que l’essentiel de l’activité se concentre au Nord du pays, dans la province d’Anvers essentiellement. Vient ensuite la Flandre orientale, seules les communes de Waterloo et d’Uccle affichent une concentration similaire au sud du pays. Il ne s’agit là que d’un échantillon. Thierry Afschrift, Professeur de Droit Fiscal ULB: " 90 dossiers, ce n'est pas vraiment spectaculaire. C'est certainement plus de 10.000 ou 20.000 dossiers auxquels on devrait s'attendre si on trouvait tous les Belges qui ont créé des fondations ou des sociétés offshores. Parmi eux, il y a certainement un nombre de personnes qui ont fraudé le fisc, d'autres qui ne l'ont pas faits."

> DES SOCIETES ESSENTIELLEMENT FLAMANDES

"Ils en ont assez d'être matraqués"

Ces citoyens belges constituent des sociétés offshores en Dollar et privilégient des destinations comme les Iles Vierges britanniques pour plus de la moitié d’entre eux, Singapour, suivent l’île de Labuan en Malaisie et les Îles Cook au large de l’Australie. Dans de nombreux cas, ces activités sont tout à fait légales. Pour ce spécialiste, c’est la fiscalité belge elle-même qui crée ce système. "Je crois que les Belges se sentent fort pressuriser avec une taxation qui est parmi les plus élevées au monde", indique Thierry Afschrift, avant de reprendre: "Même si les revenus mobiliers ne sont pas les plus taxés, il y a un moment où ils se disent qu'ils en ont assez d'être matraqués à ce point. Alors, ils essaient d'utiliser d'autres méthodes parfois à bon escient, parfois à mauvais escient." 

BIO invest, vers un contrat de gestion...

Parmi les Belges épinglées par l’enquête, figure BIO Invest, une société publique d’investissement dans le développement durable. Le ministre en la matière demande à ses dirigeants de renoncer aux paradis fiscaux et promet du changement.
Jean-Pascal Labille: "Je suis un train de revoir le mandat de BIO  et nous allons nous diriger vers un contrat de gestion avec cette société. Il y aura l'interdiction de recourir à des fonds de type centre financier offshore."  Leur activité pose une question éthique, mais elle reste tout à fait légale. Les représentants de BIO Invest assurent qu’une sortie du système offshore représenterait une perte conséquente pour les projets de développement.

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