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Fortis transfère 30 milliards à BNP Paribas: explications

 

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Fortis alimenterait sa maison-mère BNP-Paribas, actuellement bousculée par la crise de la dette, à hauteur de près de 30 milliards d'euros. Autrement dit, les dépôts des épargnants belges serviraient à soutenir les investissements de BNP Paribas, rapportait ce mercredi le quotidien Le Soir.

La Banque Nationale de Belgique est inquiête. Un scénario à la Dexia est-il à craindre? Le mécanisme révélé par Le Soir ce matin peut y faire penser. En effet, BNP Paribas Fortis aurait prêté à BNP Paribas (France) 30 milliards d'euros. Cet argent provient de l'épargne des Belges et, ce qui fait peur aux observateurs, c'est que ça représente plus que les fonds propres dont dispose la filiale belge, à savoir 26 milliards d'euros. De quoi déforcer Fortis en cas de problème.

Car le groupe BNP Paribas a prêté de l'argent aux 5 pays dans la tourmente actuellement, soit la Grèce, l'Italie, le Portugal, l'Espagne et l'Irlande. 35 milliards d'euros en tout. Mais avec entre 50 et 55 milliards d'euros de fonds propres, pourquoi BNP Paribas avait-elle besoin de l'argent des Belges pour alimenter ses opérations de marché, donc pour invester ? Simplement car il est plus intéressant pour le groupe d'utiliser un excédent d'épargne belge que ses fonds propres -Didier Reynders l'expliquait ce matin sur Bel RTL, l'épargne devait bien être placée quelque part: "L'épargne collectée en Belgique est plus importante que les besoins de crédits, donc cette épargne va devoir être placée dans des produits".

Mais cette technique est celle utilisée à l'époque par le Français lors de la création de Dexia. Leurs placements s'étaient révélés peu judicieux, ce qui a mené à son démantèlement récent.

La réponse de BNP Paribas Fortis

Il n'est pas correct de parler de "transferts de dépôts", a réagi BNP Paribas Fortis. Selon Le Soir, près de 30 milliards d'euros seraient mobilisés par BNP Paribas Fortis afin d'irriguer BNP Paribas, confronté à un assèchement du marché interbancaire. Ces milliards transitant vers Paris ne seraient pas compensés dans des proportions identiques par des retours français, ce qui en ferait des transferts nets, pourviait Le Soir. "Il n'est pas correct de parler de 'transferts de dépôts'", estime BNP Paribas Fortis, tout en expliquant disposer de surplus, placés sur les marchés, et que "BNP Paribas est une contre-partie comme une autre". "Nous plaçons une part de nos surplus chez eux, et ils placent également une part de leurs surplus chez nous", ajoute BNP Paribas Fortis. La banque communique ces chiffres deux fois par an dans ses rapports financiers. En date du 30 juin 2011, les flux vers BNP Paribas s'élevaient à 21 milliards d'euros tandis que les dépôts vers la Belgique s'élevaient à 19 milliards d'euros, selon BNP Paribas Fortis, qui souligne que "ces chiffres évoluent en permanence".

 

Les administrateurs de Fortis prévenus à temps

Le journal indiquait encore que les administrateurs de BNP Paribas Fortis n'auraient pas été informés de ces mouvements et que ces flux entre Bruxelles et Paris préoccuperaient la Banque Nationale de Belgique. "Le conseil d'administration en est informé de manière régulière, ainsi que la Banque Nationale de Belgique, dans le cadre de la gestion journalière de la banque", réagit encore la banque belge.

Le mécanisme fait penser à une autre banque belge, Dexia, avant nationalisation. En effet, 30 à 40 milliards d'euros auraient quitté Bruxelles pour Paris, rapporte Le Soir.

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Reynders: "L'épargne en Belgique est importante, elle devra être placée dans des produits, y compris à l'étranger"

"Je n’ai pas à confirmer ce genre de choses, la Banque Nationale suit l’activité. Ce que je peux vous dire, c’est que nous prenons des décisions non seulement en Belgique, mais aussi au niveau européen. Dans les deux-trois ans qui viennent, la capacité pour un groupe étranger de prêter vers l’étranger, même sa maison-mère, va diminuer très fortement. Cela étant, en Belgique, on sait qu’on a une épargne exceptionnellement importante", a réagi Didier Reynders ce matin sur Bel RTL. 

"Ce n’est pas dangereux pour BNP Paribas, de voir 50% de ses liquidité partir dans un moment aussi crucial ?", a demandé Fabrice Grosfilley au ministre des Finances. 

"Je vous répète que je ne vous confirme pas ni n’infirme ce qui a été écrit dans un journal ce matin, simplement que la Banque Nationale suit la situation. Je dis simplement que l’épargne collectée en Belgique est beaucoup plus importante que les besoins de crédit et donc de toute manière, cette épargne va devoir être placée d’une manière ou d’une autre dans des produits, y compris à l’étranger", a répondu Didier Reynders.


 

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