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L’accord de libre-échange Mercosur inquiète nos agriculteurs et nos éleveurs: "Il est très déséquilibré"

L'accord de libre-échange conclu, le mois dernier, entre l'Europe et les pays du Mercosur (le Brésil, l'Argentine, le Paraguay et l'Uruguay). Un accord qui inquiètent nos agriculteurs et nos éleveurs qui craignent, non seulement, la concurrence de ces pays, mais aussi le fait qu'on y autorise des pratiques pourtant interdites ici.

Serge Desert, éleveur de bovins, est partagé face à cet accord entre d'un côté l'Europe et de l'autre le Brésil, l'Argentine, l'Uruguay et le Paraguay.
"Le positif, si on voit l'élevage en général, c'est qu'on va pouvoir exporter des produits laitiers, du fromage, du vin. Maintenant, en tant que producteur de viande, évidemment que c'est inquiétant", confie-t-il.

L'accord de libre-échange prévoit que les pays du Mercosur puissent exporter 99.000 tonnes de bœuf vers l'Europe, avec un droit de douane réduit.
"L'élevage vit des moments très difficile au niveau économique et de la viande va arriver en surplus sur le marché", constate Marianne Streel, présidente nationale de la fédération wallonne de l'agriculture.


"On importe l'agriculture qu'on ne veut pas chez soi"

Le monde agricole belge s'inquiète aussi pour d'autres secteurs comme la production de sucre et l'élevage de volaille. La crainte ? Une hausse de l'offre et une baisse des prix. L'importation de produits aux normes d'activité différentes est également une source d'inquiétudes. Par exemple, l'utilisation de pesticides interdits en Europe.

"C'est une agriculture qu'on ne prône pas pour l'Europe, donc on importe l'agriculture qu'on ne veut pas chez soi. Ça c'est incohérent", pointe Marianne Streel.
"C'est un accord qui est globalement très déséquilibré où on utilise une fois de plus l'agriculture comme monnaie d'échange pour des accords qui poussent à plus de commerce", estime Hugues Falys, porte-parole du Syndicat agricole "Fugea".

L'accord interdit l'importation si les normes ne sont pas respectées, précise la commission européenne qui tente de rassurer. Selon la commissaire en charge du commerce, il faudra deux ans au minimum avant que le traité n'entre en vigueur. La fédération wallonne de l'agriculture garde l'espoir que certains pays refusent de le ratifier.

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