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La Belgique vit au-dessus de ses moyens à cause des aides Covid: une dette pour les générations futures?

La Belgique vit au-dessus de ses moyens à cause des aides Covid: une dette pour les générations futures?
 
 

J’ai été interpellé par des auditeurs de Bel RTL sur le coût des aides Covid par rapport à la dette, ainsi que sur ma chronique sur l’argent de poche. On va clarifier les choses.

Les aides Covid, c’est de la dette sur la tête des jeunes générations ?

Oui et non. D’abord il y a deux types de dettes : emprunter pour financer son train de vie ou emprunter pour investir, exactement comme pour un ménage.

Si vous gagnez 100.000€ par an et que vous dépensez 110.000€, il ne faut pas être économiste pour comprendre que si vous empruntez pour couvrir votre train de vie, vous allez droit dans le mur ! À un moment donné, votre prêteur va arrêter de vous financer et vous devrez rembourser.

Est-ce le cas de la Belgique ?

Pas dans ces proportions. Si le « ménage Belgique » gagne 100.000€, il dépense en pratique 104.140€. C’est plus proportionnellement qu’un déficit acceptable qui peut être couvert par la croissance économique.

Les aides corona sont-elles plutôt des investissements ?

Oui exactement et je reviens au revenu de 100.000€. Si vous empruntez 20.000€ pour une formation de haut niveau mais que cette formation va vous permettre de changer de fonction et que vous n’allez plus gagner 100.000€ mais 110.000€, ce sera un investissement remboursé en 2 ans.

Il faut donc toujours rapporter la dette à la croissance. Si vous avez bien utilisé la dette d’investissement, vos revenus augmentent. Et proportionnellement, le pourcentage de cette dette diminue. C’est exactement le pari fait par le gouvernement et par le secrétaire d’État pour la Relance Thomas Dermine.

Est-ce crédible ?

Oui. La crise a été rapide et brutale mais elle a été causée par un facteur externe à l’économie. L’économie s’est en quelque sorte mise dans le coma et les aides Corona ont permis de préserver à la fois le tissu entrepreneurial et les travailleurs. L’alternative eût été de laisser les entreprises tomber en faillite et les travailleurs perdre leur emploi. Il aurait alors fallu des années pour reconstruire le tissu entrepreneurial et nous l’aurions payé en chômage et en perte de croissance.

C’était clairement la seule solution et il faut espérer que la croissance sera au rendez-vous sinon la dette sera indigeste.

Autre question posée ce week-end par un auditeur : l’argent de poche

Il s’agit ici plutôt d’une gentille critique sur ma chronique économique sur l’argent de poche des enfants.

J’ai adoré cette chronique car je plaide pour une éducation financière dès le plus jeune âge. Une écrasante majorité des Belges reconnaissent ne pas comprendre comment gérer efficacement leur budget, ou des concepts de base comme le taux d’intérêt ou les nouveaux produits de crédit comme le crédit-ballon. Et cela accentue les inégalités, cela reproduit aussi la pauvreté de génération en génération.

À force de diaboliser l’économie et la finance, parfois pour de bonnes raisons, on fabrique des gens peu équipés pour la vie moderne. Et cet argent de poche est une formidable opportunité pédagogique de parler argent avec les enfants et de les aider à gérer un budget, à comparer, à épargner pour un investissement.


 




 

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