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Nos pains et bières belges ne sont pas vraiment belges: "La céréale est boudée par nos agriculteurs, car pas assez rémunératrice"

 
 

D'où proviennent les céréales présentes dans nos assiettes ? La grande majorité est importée de l'étranger. Nos agriculteurs se détournent de ces cultures peu rentables, pourtant la demande est là et des solutions existent.

"Il ne se passe pas une journée où nos consommateurs ne nous demandent pas d'où viennent nos farines", témoigne Angela Legrand, responsable de la boulangerie Legrand. 

Dans cette boulangerie, le pain est réalisé à base de céréales locales, ce que les clients apprécient. Pourtant, ce n'est pas facile de trouver des céréales belges. Seulement 10% des céréales présentent dans nos aliments viennent de Belgique. "C'est une évidence : aujourd'hui, la céréale belge n'est pas encore optimisée pour la panification", commente la boulangère.

Le problème se trouve chez les agriculteurs. Dans l'exploitation de Laurent Houbotte, on plantait avant une céréale tous les 18 mois. Aujourd’hui, une tous les 48 mois. Ce changement s’explique par le manque de rentabilité, selon l'agriculteur. "La céréale est boudée car pas suffisamment rémunératrice. En agriculture bio, la concurrence des pays de l'Est fait énormément de tort, puisqu'ils ont des coûts moins élevés, donc ça tire nos prix vers le bas."

Même pour les céréales destinées à la bière

Pour les céréales utilisées dans la production de bière, c’est même encore pire. 1% seulement de l’orge vient de Belgique. Le problème cette fois, se situe plutôt au niveau des contraintes de production. "Les conditions techniques que doivent rencontrer l'orge pour pouvoir être maltée son assez précises, vous comprendrez qu'un petit agriculteur a du mal à fournir ces malteries là", explique Marc Fichers, secrétaire général de Nature et Progrès.

Pourtant, dans les 300 brasseries artisanales de Belgique, beaucoup veulent du local. La demande est donc bien présente. D’ailleurs, certains brasseurs prennent directement contact avec les agriculteurs. C'est le cas de Norbert Buysse, administrateur délégué de la Brasserie de la Lesse. "On a rencontré un agriculteur avec qui le courant passait bien donc on lui a demandé de cultiver de l'orge par nous, et on a établi un contrat avec lui."

À long terme, la solution serait de créer des micromalteries, plus du tout industrielles, ou encore des moulins locaux, pour les céréales alimentaires. Cela permettrait d’encourager les agriculteurs, à cultiver à nouveau de la céréale dans nos champs.




 

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