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La signature d'un accord de libre-échange entre l'Europe et l'Amérique du Sud fait trembler les agriculteurs belges

La signature d'un accord de libre-échange entre l'Europe et l'Amérique du Sud fait trembler les agriculteurs belges
©RTLBELGIUM

Un accord signé au niveau européen fait peur aux agriculteurs belges. L'Union européenne vient de valider des nouvelles règles de libre-échange avec le MERCOSUR, une organisation qui réunit les principaux pays d'Amérique du Sud. Des produits européens, comme le vin et le chocolat pourront être exportés sans taxe vers ces pays. Mais en échange, eux pourront écouler chez nous, sans contrainte, notamment du sucre de la volaille et du boeuf sud- américains. La filière bovine belge craint de perdre plus de 50 millions d'euros par an...

L'annonce de cet accord a été faite il y a quelques jours. Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, déclarait alors: "Cet accord est un message réel en faveur d'un commerce ouvert, juste, durable et fondé sur des règles.

Concrètement, cela veut dire que ces pays d'Amérique du Sud pourront exporter chaque année en Europe 99.000 tonnes de viande bovine, 100.000 tonnes de volaille et 180.000 tonnes de sucre. Ces produits seront moins chers que leurs homologues européens.

Marie-Laurence Semaille, conseillère à la fédération wallonne de l'Agriculture dresse ce constat: "On va offrir à des prix très attractifs de la viande d'Argentine, du boeuf du Brésil, de la volaille uruguayenne et donc cela va entrer en compétition directe avec notre production locale qui, elle, doit faire face à des surcoûts qui sont plus importants parce qu'on intègre des attentes environnementales, climatiques, écologiques."

Les ventes pourraient donc diminuer, notamment pour les éleveurs de blanc, bleu, belge, car chez nous, le prix au kilo de la viande est 5 euros plus cher que dans ces pays d'Amérique du Sud, mais les standards ne sont pas les mêmes.

Manu Laruelle, agriculteur déplore la signature de cet accord: "On veut nous faire manger de la viande qui vient d'une agriculture qu'on ne veut pas chez nous. C'est-à-dire une agriculture intensive, qui est totalement différente de la nôtre. Nous aussi, nos vaches sont dans les prairies. Elles ne sont pas entassées dans des parcs. On veut nous faire manger l'inverse de ce qu'on fait."

La fédération nationale du commerce de bétail craint même la fin du blanc, bleu, belge, mais pour Manu et ses 450 bêtes, c'est le client qui devra faire un choix.

"Vous allez avoir le choix entre une viande où il y aura un petit drapeau belge et cette viande sera produite à 10 km de chez vous avec un éleveur local, ou alors vous allez avoir le choix d'avoir une viande produite à 20.000 km et qui va polluer en venant, etc..", compare l'agriculteur dans le RTLINFO13H.

Reste à voir si les pays de l'Union Européenne accepteront cet accord. Chez nous, René Collin, le ministre wallon de l'Agriculture a déjà demandé de le rejeter.

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