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L'économie bruxelloise victime des attentats: voici comment elle peut se relever

L'économie bruxelloise victime des attentats: voici comment elle peut se relever

LE chiffre éco du jour: 16 millions

On considérait l’industrie automobile européenne moribonde. Et bien, en 2015, jamais les usines implantées sur notre Vieux Continent n’auront produit autant de voitures, à l’exception de l’année 2007, juste avant la crise. 16 millions de voitures (hors utilitaires) devraient donc vont sortir des chaînes de production européennes cette année, une augmentation de 6,6 % comparé à 2014.

Dans sa rubrique BEL RTL Eco, Bruno Wattenbergh est revenu sur la situation économique de la région bruxelloise. L'économiste précise comment elle est impactée par le niveau d’alerte maximal, et comment cela va évoluer ces prochaines semaines.

Qu’est-ce qui se passe, qu’est-ce qui pourrait se passer pour l’économie bruxelloise avec ces importantes mesures de sécurité ? Impossible d’avoir des chiffres, c’est trop tôt. Les entreprises en général sont peu affectées: Bruxelles vit et travaille. Les commerces peinent, car les clients ne sont pas ou peu là.

Deux secteurs sont plus affectés : les spectacles et les hôtels. Les premiers ont été fermés, et commencent à rouvrir, comme le théâtre Le Public qui comptabilisait hier un nombre encourageant de places, comme si les gens voulaient résister, exister. Quant aux hôtels, les annulations sont vraiment importantes. Enfin, quelques activités sont en hausse, les taxis, l’E-commerce ou, bien sûr, la sécurité civile.

Est-ce qu’il pourrait y avoir des reports d’achats dans le commerce ?

Peu. Pour l’alimentaire, ce qui est perdu est perdu. Pour les achats d’impulsion, importants pour le commerce bruxellois, la perte est aussi irrémédiable. Enfin, il y les cadeaux de Saint-Nicolas et les autres achats planifiés. Pour ceux-ci, on constate que les grandes chaînes ont engrangé plus de ventes par internet que d’habitude, parfois plus de 50% pendant le week-end. Ce chiffre d’affaires-là, il est aussi perdu pour le petit commerce qui est une victime collatérale importante des attentas.

Les pouvoirs publics peuvent agir de deux façons

Deux choses. D’abord fournir de la sécurité visible pour rassurer les clients, pour les faire revenir et surtout que les commerces puissent rester ouverts. Ensuite, faire rapidement de la promotion. Expliquer urbi et orbi que Bruxelles vit, travaille, commerce ! Si vous regardez ce qui passe en ce moment sur les réseaux sociaux un peu partout dans le monde, Bruxelles serait une ville morte et assiégée ! Résultats, les annulations pour les prochains mois s’accumulent. Et LA question bruxelloise du jour, est "Est-ce que les Plaisirs d’Hiver, le marché bruxellois de Noël, vont-ils être ou non organisés?".

Avec 1,5 million de visiteurs, si cet événement est annulé le prix que vont payer les commerçants va être gigantesque. Autre piste proposée par Atrium, l’agence du commerce, c’est de relancer rapidement ses stewards sur le terrain pour mesurer précisément l’impact sur le commerce de détail, volonté de mesure exprimée également par le ministre fédéral de l’Economie. Et ensuite, investir rapidement dans des actions de promotion des noyaux commerciaux bruxellois.

Hier, le ministre fédéral des Pme, Willy Borsu, a également mis des propositions sur la table

Elles visent principalement à permettre le report d’un an des cotisations sociales afférentes à ce 4ème trimestre 2015 des commerçants et horeca bruxellois, sur simple demande et sans majoration de retard. Ensuite, il sera rappelé aux caisses sociales et aux indépendants qu’ils peuvent moduler leurs cotisations. Enfin, les dispenses de cotisations justifiées seront accélérées.

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