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Le patron de Ryanair se prend le bec avec un syndicat belge: "Vous êtes des perturbateurs"

  • Tension entre syndicats et Ryanair à la veille de la grève européenne

  • Ryanair assurera 92% de ses vols lors de la grève européenne

 

La compagnie aérienne Ryanair a revu à la baisse le nombre de ses vols annulés. Elle va supprimer 150 vols vendredi en raison de la grève européenne de son personnel de cabine. La majorité de ses salariés travailleront normalement ce qui lui permet d'assurer plus de 92% de ses 2.400 vols prévus ce jour-là.

"Nous avons reconnu les organisations syndicales, accepté de passer en contrat local et de respecter la législation locale (en 2019). On accepte de négocier et il y a quand même une grève. Annulez cette grève qui n'est pas soutenue par la très grande majorité des travailleurs de Ryanair", a déclaré Michael O'Leary, mercredi, lors d'une conférence de presse à Diegem, deux jours avant le mouvement qui touchera plusieurs pays -dont la Belgique- où est active la compagnie.

"Les pilotes et le personnel de cabine belge ne soutiennent pas la grève. Il ne devrait d'ailleurs y avoir que de deux à quatre vols annulés en Belgique", a-t-il souligné.

Michael O'Leary pointe du doigt un syndicat

"Il y aura plus que 2 ou 4 vols annulés sauf si Ryanair fait appel à des équipages étrangers", a rétorqué Didier Lebbe, secrétaire permanent CNE, à l'issue de la conférence de presse. "Cette grève est inutile. Nous avons accepté de négocier partout avec les syndicats. Ces grèves à répétition nuisent à la compagnie et aux clients. Il faut annuler cette grève de vendredi, non soutenue, au bénéfice de la compagnie dont l'image a fortement été écornée et des clients qui veulent pouvoir réserver leurs billets normalement sans craindre de futures grèves", a ajouté la patron de la compagnie aérienne irlandaise à bas coûts. Selon Michael O'Leary, les syndicats - "crazy unions"- sont le problème. Selon lui, ils sont désorganisés et pas intéressés par un accord. Il souligne aussi que seul un syndicat, la CNE, a lancé un appel à la grève alors que la CGSLB et le Setca ne sont pas impliqués. "Ils ne peuvent même pas constituer une délégation pour négocier", a ajouté Michael O'Leary. "Respect pour les travailleurs et les passagers", a lancé Didier Lebbe de la CNE, à Michael O'Leary à la sortie de la conférence de presse. "Négociez, négociez !", a-t-il répondu sèchement.

Sans surprise, la tension entre les deux hommes est évidente. "Si vous voulez négocier, alors venez négocier! Arrêtez d'annuler les réunions. Arrêtez d'appeler à la grève", a ajouté Michael O'Leary. "Nous voulons un accord maintenant, comme la commission européenne le demande aussi", a répondu le secrétaire permanent de la CNE. Pour le patron de Ryanair cette grève est inutile. "Vous n'êtes pas sérieux. Vous êtes des perturbateurs", a lâché Michael O'Leary avant de s'en aller.

150 vols annulés

Par ailleurs, la compagnie irlandaise a introduit une plainte auprès de la Commission européenne réclamant une enquête pour "conduite anti-compétitive des syndicats et du personnel de certaines compagnies concurrentes, de syndicats et lobbies qui interfèrent dans les négociations entre pilotes/équipages et Ryanair et qui nuisent au développement de Ryanair et affectent la confiance des consommateurs".

Ryanair a annoncé l'annulation de 150 vols en raison de la grève du personnel de cabine et de pilotes de plusieurs pays européens dont la Belgique prévue vendredi. Environ 30.000 passagers (sur 450.000) sont concernés par ces annulations.

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