Les Belges sont-ils prêts à se passer d'argent liquide ? Le QUESTIONS-RÉPONSES de Bruno Wattenbergh

Les Belges sont-ils prêts à se passer d'argent liquide ? Le QUESTIONS-RÉPONSES de Bruno Wattenbergh

Comme le journal Le Soir le rappelait aujourd’hui, dans certains pays comme la Chine ou la Suède, l’argent liquide tend à disparaître. Pourrait-on s'en passer aujourd’hui en Belgique ? La réponse est oui, 90% de la population pourraient se passer de cash. La plupart des Belges sont numériques, ils utilisent de l’argent en plastique depuis 1979 et les premières cartes Bancontact. Les retraités qui ont 65 ans aujourd’hui ont découvert la carte de débit à 26 ans et l’utilisent donc depuis près de 40 ans. Bref, le Belge connait et a adopté ce type de paiement, tout comme le paiement en ligne.


Quel est le pourcentage de Belges qui paient encore en cash dans les magasins ?

63% de nos compatriotes paient encore en espèces dans les magasins. C’est beaucoup, mais moins que la moyenne européenne. Dans un tel contexte, si une majorité de Belges est outillée pour se passer de cash, culturellement ce n’est pas encore le cas.


Qui rencontrerait le plus de difficultés à se passer de cash ?

Certaines personnes âgées, même si on l’a vu, cela fait 40 ans que les cartes de débit existent. Une majorité de ces retraités maîtrise ce moyen de paiement. Le problème se situe plus dans les couches les plus pauvres et exclues de la société. Des gens qui eux n’ont sans doute pas eu accès à des moyens plastiques ou électroniques de paiement. Dans une étude récente, citée par le journal Le Soir, un sondé sur deux dans cette couche de population pauvre était incapable d’effectuer un virement en ligne, un sondé sur quatre de payer à l’aide d’une carte de crédit ou de débit. Enfin, ne négligeons pas que pour ces personnes-là au moins, la monnaie physique, c’est le seul argent qui est réellement tangible.


Si l’argent cash disparaît, toutes mes dépenses sont traçables par ma banque, mais aussi éventuellement par le fisc ou par d’autres administrations, n’est-ce pas un autre enjeu sociétal ?

Oui, ce qui explique qu’au fur et à mesure de la disparition du cash, les lois sur la protection de la vie privée devraient s’adapter à cette traçabilité, pour protéger cette vie privée. Mais cela veut aussi dire que dans une société sans cash, il devient très difficile de développer des activités illégales.

Enfin, ne négligeons pas non plus qu’avec la crise financière et bancaire des réglementations européennes plus strictes sont apparues. Certaines prévoient notamment une responsabilité de certains déposants. Cela peut aussi inquiéter les épargnants qui préféreront toujours garder une quantité de cash sous leur matelas.

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