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Les énormes achats d'armements militaires par Kris Peeters en 2018 rapportent bien moins qu'il ne l'avait annoncé

Les énormes achats d'armements militaires par Kris Peeters en 2018 rapportent bien moins qu'il ne l'avait annoncé
 
 

Les quatre "gros" achats militaires auxquels a procédé le gouvernement Michel en octobre 2018 ont engendré des retombées économiques moindres que celles annoncées - un peu triomphalement - par le ministre de l'Économie de l'époque, Kris Peeters, rapporte samedi le journal 'L'Echo'.

"Les retombées prévisibles engrangées par l'industrie dans le cadre de la Vision stratégique élaborée par le ministre de la Défense de l'époque, Steven Vandeput, se montent pour l'instant à 1,286 milliard pour ce qui concerne les quatre principaux programmes d'armement (avions de combat F-35, blindés à roues, navires de lutte contre les mines et drones, ndlr). Ceux-ci représentent 6,726 milliards du total investi, le reste étant constitué de contrats plus modestes ou qui ont été signés plus tard", indique le quotidien économique sur la base de chiffres obtenus auprès du ministère de la Défense, du cabinet du vice-premier ministre et ministre de l'Économie, Pierre-Yves Dermagne, et de plusieurs spécialistes.

À terme (10 ou 20 ans), les retours pourraient toutefois s'élever à 4,5 milliards de retours, soit 65% de l'investissement initial total, selon ces estimations.

La situation est cependant différente selon les programmes.

Pour deux d'entre eux - l'achat de 34 chasseurs furtifs américains F-35 et celui de six navires de lutte contre les mines - le gouvernement a invoqué des "intérêts essentiels de sécurité" (IES, en anglais "Essential Security Interests") pour obtenir un "retour sociétal", le traité de l'Union européenne bannissant le système des compensations économiques jadis en vigueur.

Pour les six navires (le programme rMCM, en jargon, qui prévoit aussi l'achat de six bâtiments similaires par les Pays-Bas), le budget d'acquisition s'élève à 1,1 milliard d'euros, avec un "retour sociétal" pour l'industrie belge calculé, au stade actuel, à hauteur de 436 millions d'euros, mais avec un potentiel "à finaliser" de 1,677 milliards - soit plus que le montant du contrat passé avec le français Naval Group.

Pour les chasseurs F-35 à produire par le groupe américain Lockheed Martin, la facture pour l'acquisition s'élève à 3,8 milliards d'euros. Le retour actuel s'élève à 700 millions d'euros - principalement pour la fabrication en Belgique d'au moins 400 empennages horizontaux (des "Horizontal Tail Planes", HTP), avec un potentiel à terme de 1,845 milliard car les commandes de F-25 sont en augmentation.

Le programme "Capacité motorisée" (CaMo), l'achat de 382 véhicules blindés Griffon et de 60 Jaguar dans le cadre d'un "partenariat stratégique" avec la France, pèse 1,6 milliard d'euros. À ce jour, les retours s'élèvent à 150 millions d'euros, avec un potentiel de 910 millions (sans l'entretien des blindés à roues).

Pour les quatre drones Male ("Medium Altitude Long Endurance") de type MQ-9B SkyGuardian commandés en 2018, le montant du contrat avec le gouvernement américain se monte à 226 millions d'euros, avec un retour de 120 millions, pour une dizaine d'entreprises, dont la Sabca.

'L'Echo' rappelle que pour les programmes CaMo et Male, conclus sans appel d'offres, ce sont les industriels qui ont discuté entre eux des retours sociétaux.

Le quotidien souligne encore que le Ministre de l'Économie de l'époque, Kris Peeters (CD&V), avait annoncé, en contrepartie de la commande des F-35, un retour économique de 3,69 milliards "soit quasiment 100% de l'achat".

Selon le journal, ce chiffre n'est aujourd'hui "clairement plus d'actualité". Selon le cabinet de M. Dermagne (PS), le total des mesures qualifiées pour le F-35 s'élèveront à 1,845 milliard. Soit la moitié des estimations avancées il y a quatre ans. Une quinzaine de mesures ont été concrétisées pour un montant estimé à environ 700 millions, dont la plus importante (au moins 400 millions) est la fabrication, par le consortium BeLightning, une co-entreprise réunissant Asco, Sabca, Sonaca et la Société fédérale de participations et d'investissement (SFPI, le bras financier de l'Etat fédéral), d'au moins 400 empennages arrière de l'appareil.


 

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