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Vous travaillez à 4/5ème? Arrondissez vos fins de mois en travaillant dans l'Horeca

Vous travaillez à 4/5ème? Arrondissez vos fins de mois en travaillant dans l'Horeca

Le chiffre éco du jour

4,5 millions d’euros

C’est la somme levée hier par DOCTENA, une plate-forme belge de rendez-vous médicaux, créée en 2013. Actuellement disponible aux Pays-Bas, en Belgique et au Luxembourg, elle affiche une croissance de 10% par mois en termes d’utilisation par les patients. Et ce qui est aussi intéressant dans cette histoire, outre la belle histoire de startup, c’est que des études montrent que les prises de rendez-vous médicaux en ligne représentent un marché qui serait 20 fois plus grand que celui des réservations de restaurant, et jusqu’à 6 fois plus grand que celui des réservations de voyage en ligne. Une pratique qui rentre petit à petit dans les mœurs de nos compatriotes.

Ce matin dans sa chronique Bel RTL Eco, l’économiste Bruno Wattenbergh nous a parlé des "flexi-jobs". "C’est nouveau, cela existe depuis quelques jours à peine, mais cela semble bien répondre aux besoins des employeurs et des travailleurs de l’Horeca."

Nous parlons emplois et Horeca ce matin, qu’est-ce que c’est que ces nouveaux "flexi-jobs" qui débarquent dans le secteur?

Et bien, c’est tout simple. Depuis le 1er décembre, n’importe quel travailleur ayant au moins un job salarié à 4/5ème peut, aussi, parallèlement, travailler dans l’Horeca à un tarif réduit pour lui et pour son employeur. Son salaire horaire net doit être de minimum 9,5€ mais surtout, les cotisations sociales se limiteront à 25% et seront complètement libératoires, ce qui veut dire que le brut équivaudra au net. Bref tout bénéfice pour les deux parties.


Quels sont les objectifs politiques, sociaux et économiques de cette nouvelle mesure fédérale?

Inutile de rappeler que le marché de l’emploi dans l’Horeca est très particulier. Il est saisonnier, il s’effectue en deux shifts, le midi et le soir, on finit tard, on bosse le week-end et surtout on fait régulièrement une dizaine d’heures par jour en pratique, soit 50 heures semaines. Donc avec des heures supplémentaires importantes, dont une partie au moins payées en noir. Un noir qui est, à la limite, une demande légitime de travailleurs qui veulent une rémunération intéressante pour prester ces heures supplémentaires. On considère ainsi que 20 à 30% des rémunérations dans l’Horeca sont payées en noir. Enfin, c’est un secteur intéressant socio économiquement parlant car il absorbe des travailleurs moyennement ou peu qualifiés. Bref, Willy Borsus, le ministre fédéral des PME, veut avec ces flexi-jobs rapatrier dans le secteur officiel un maximum de travailleurs occasionnels, sans faire exploser la masse salariale des employeurs et en préservant les droits sociaux des travailleurs.


Est-ce qu’il y a un rapport avec la fameuse caisse enregistreuse qui devient obligatoire dans le secteur Horeca?

Bien sûr ! Cette fameuse caisse arrive bientôt. Le gouvernement prendra sa décision cette semaine sur les questions posées par le Conseil d’Etat ou encore sur la qualification précise des établissements qui sont concernés. Il était donc indispensable d’aménager le système car si les établissements ne peuvent plus faire de noir à cause de la caisse enregistreuse, nombre de leurs salariés ne vont plus vouloir faire d’heures supplémentaires. Willy Borsus avait lancé il y a quelques semaines les 360 heures supplémentaires autorisées à un tarif brut/net, visant là les travailleurs salariés dans l’Horeca. Avec ces flexi-jobs, il vise celles et ceux qui ont un job, mais qui veulent arrondir leurs fins de mois dans l’Horeca.


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