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"Boom" des faits de vandalisme sur des Lidars: oser s'attaquer à un tel appareil, cela "peut coûter très cher"

Dans les dernières semaines de 2018 et en ce début d'année 2019, une augmentation "exponentielle" des faits de vandalisme visant des radars a été constatée sur les routes wallonnes et bruxelloises, du moins du côté du propriétaire des "Lidars", la société SecuRoad, confirme Pierre Grisard, manager dans cette entreprise. En tout, une vingtaine de radars Lidar sont actuellement actifs à travers le pays, dont une majorité, loués par la Région wallonne, se trouvent sur les routes du sud du pays.

Ces dernières semaines, cette flotte a fait l'objet d'une quarantaine d'actes de vandalisme en Wallonie et à Bruxelles, un "boom" par rapport aux années précédentes où la période des fêtes est pourtant traditionnellement également propice aux dégradations, précise Pierre Grisard mardi. Ce dernier s'était exprimé le même jour dans les pages de La Dernière Heure, y précisant que "depuis le 15 octobre dernier, nous comptons déjà quarante faits de vandalisme".

Le journal développait l'information mardi matin en soulignant un lien possible avec les mobilisations routières du mouvement des "gilets jaunes". Oser s'attaquer à un radar Lidar, cela peut cependant "coûter très cher", prévient-on chez SecuRoad mardi après-midi.

Systématiquement, la police est appelée et une plainte est déposée. "Nous avons un avocat qui ne fait que ça, les plaintes au civil et au pénal. L'affaire est toujours suivie jusqu'au bout", précise Pierre Grisard, qui ajoute qu'habituellement on parvient à identifier les auteurs dans "près de la moitié des cas".


Les dédommagements requis sont très élevés

Devant les juridictions civiles, les dédommagements requis pour la dégradation d'un tel appareil, "bourré de technologies", s'envolent: "on réclame minimum 5.000 euros. Mais cela peut vite grimper, et dans le cas le plus extrême jusqu'ici, qui n'a pas encore été tranché, nous demandons 250.000 euros", développe Pierre Grisard.

Les Lidars ne sont pas les seuls radars à épier les éventuels excès de vitesse en bord de routes. Il y a aussi les appareils appartenant à la police fédérale.

Selon les chiffres des dégradations des radars automatiques de la police fédérale de la route, pour tout le pays, une trentaine de faits sont habituellement rapportés chaque année: 32 en 2015, 29 en 2016 et 33 en 2017, indique-t-on à la police.

Pour 2018, seules les statistiques du premier trimestre ont déjà été établies: 9 cas.

Selon les dires à la DH de Jean-Michel Tubetti, chef de service de la police de la route en province de Namur, il y a eu en novembre et décembre derniers 6 boîtiers de la police fédérale endommagés sur le territoire wallon. La police insiste cependant sur le fait que les enquêtes sont en cours et qu'un lien avec le mouvement des gilets jaunes ne peut pas être établi avec certitude.

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