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"Ces gens étaient prêts à mourir": RTL INFO a rencontré les agents qui étaient au cœur du démantèlement de la cellule terroriste de Verviers en 2015

Il y a 5 ans, le 15 janvier 2015, l’assaut contre la planque de Verviers était donné. Deux terroristes seront tués, un troisième sera pris vivant. La cellule de Verviers était la matrice des attentats de Paris et de Bruxelles.

Il y a 5 ans, quelques jours après l’attentat contre Charlie Hebdo, la police belge déjouait, à Verviers, un projet d’attentat. Antoine Schuurwegen et Guillaume Wils ont pu rencontrer les agents qui étaient au cœur de cette opération réussie.

C'était donc à Verviers, le 15 janvier, à 17h45. Les fenêtres du 32 rue de la colline ont explosé. Les unités spéciales viennent de donner l’assaut. Cet assaut, c’est l’aboutissement de nombreuses semaines d’enquête pour le directeur de la police judiciaire…

"Nous avions reçu à plusieurs reprises, des informations assez vagues du service de renseignements indiquant que des combattants pourraient venir ou étaient en train de se préparer pour venir en Europe, faire des attentats", explique Eric Jacobs, le directeur de la police judiciaire fédérale de Bruxelles. "Le 7 janvier, nous arrivons à trouver une planque où se trouvent des présumés terroristes à l’époque, deux à Verviers."

On avait à faire à des gens très endoctrinés, prêts à mourir

Des écoutes sont mises en place. 24h/24, les terroristes sont surveillés. Des psychologues décortiquent  leurs faits et gestes. Derrière ces murs, les terroristes commentent l’attentat de Charlie Hebdo, ils se préparent à contrer un assaut des polices, ils manipulent des armes de guerre.

"On savait qu’on avait à faire, pour la première fois en Belgique, à des gens très endoctrinés, prêts à mourir, puisque tous les jours, ils s’exerçaient. Ils étaient mentalement prêts", indique Eric Jacobs.

De leur côté, dans le plus grand secret, les unités spéciales imaginent, répètent et adaptent une foule de scénarios.

Le 15 janvier, les équipes arrivent à Verviers. Les agents se positionnent dans l’ancienne prison désaffectée. La tension est palpable.

"On sait qu’on va être face à une résistance sérieuse. Dans quelle mesure ? C’est difficilement envisageable donc on prévoit tous les scénarios. Le personnel se concentre, revoit les différents scénarios possibles, les différentes phases, et attend", précise Jean-Noël Lecomte, le directeur des opérations des unités spéciales de la police fédérale.

Avant l’assaut, il y avait un silence total

La fenêtre d’intervention sera courte. Il y a deux contraintes: tout d’abord l’heure, mais un peu plus loin, il y a une école secondaire et juste à côté une école de danse. La rue doit être dégagée.

Ensuite, les enquêteurs veulent que Marouan el Bali, soupçonné d’être le logisticien du groupe, soit présent. A 17h13, il franchi la porte de l’appartement. Le "GO" peut être donné.

"Je me rappellerai toujours que juste avant l’assaut, il y avait un silence total. On entendait une mouche voler", se souvient Eric Jacobs.

Les unités spéciales font exploser une fenêtre. La riposte des terroristes est immédiate…

"On est face à une extrême violence et une riposte très forte. Ils sont bien barricadés à l’intérieur et ils nous arrosent copieusement. Cela a duré plusieurs minutes (7 à 8). Le feu commence alors, il y a de plus en plus de fumée. Le troisième terroriste sort par l’arrière du bâtiment", ajoute  Jean-Noël Lecomte. Il a les mains en l’air. Il est arrêté.

Ce soir, du 15 janvier 2015, tout le monde sait que le répit sera de courte durée. Verviers n’était que la matrice des attentats de Paris et de Bruxelles.

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