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Affaire Benalla: le gouvernement fustige un rapport sénatorial

Affaire Benalla: le gouvernement fustige un rapport sénatorial

(Belga) Le Premier ministre français Edouard Philippe a vivement attaqué jeudi les conclusions "incompréhensibles" et "injustes" d'une commission d'enquête sénatoriale sur l'affaire Benalla, ex-collaborateur du président Emmanuel Macron et au coeur d'un scandale depuis sept mois.

Pointant des "dysfonctionnements majeurs au sein des services de l'Etat", cette commission sénatoriale a frappé un grand coup mercredi en demandant des poursuites contre Alexandre Benalla. Elle a souhaité que la justice soit saisie sur les déclarations de M. Benalla et Vincent Crase, ex-employé du parti présidentiel, soupçonnant des "faux témoignages", mais aussi pour vérifier "un certain nombre d'omissions, d'incohérences et de contradictions" relevées lors des auditions des plus hauts collaborateurs du président. Dans la foulée de la publication du rapport de la commission sénatoriale, la justice française a annoncé avoir ouvert, dès la semaine dernière, une enquête préliminaire pour déterminer s'il a pu y avoir des "dissimulations de preuves" dans le cadre des différentes enquêtes visant M. Benalla et son entourage. Jugeant que la commission s'était livrée à "une appréciation très politique", le chef du gouvernement français a semblé mettre en cause le respect par la commission d'enquête du Sénat de la "séparation des pouvoirs" législatif et exécutif, se disant "un peu surpris car, traditionnellement, la séparation des pouvoirs fait qu'il n'appartient ni à l'Assemblée nationale, ni au Sénat, de se prononcer sur l'organisation interne de la présidence de la République". Il a jugé "incompréhensibles et souvent injustes" les "recommandations ou formulations" de la commission concernant "des fonctionnaires qui travaillent auprès du président de la République". Evoquant le travail de la justice "saisie de cette affaire qui part d'une dérive personnelle", il a aussi remarqué que la séparation des pouvoirs, "là encore, implique que le Parlement ou le gouvernement ne se saisissent pas du fonctionnement interne ou du déroulement interne d'une procédure judiciaire". Les auteurs du rapport ont à maintes reprises, et mercredi encore lors de sa publication, souligné l'attention qu'ils ont portée tout au long de leurs travaux au respect, selon eux, du principe de séparation des pouvoirs. MM. Benalla et Crase sont écroués depuis mardi soir en raison de la violation de leur contrôle judiciaire. L'affaire Benalla a donné lieu à l'ouverture de cinq procédures judiciaires depuis l'été dernier. Son point de départ a été la révélation de violences commises par Alexandre Benalla lors de la manifestation du 1er mai 2018 à Paris où il était en tant qu'observateur aux côtés de policiers, sans être habilité à intervenir. (Belga)

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