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Arménie: l'opposition va contester la victoire de Pachinian

Arménie: l'opposition va contester la victoire de Pachinian
 
 

(Belga) L'ex-président arménien Robert Kotcharian, largement battu par le Premier ministre sortant Nikol Pachinian aux législatives, a annoncé mardi son intention de contester en justice les résultats du scrutin, brandissant la menace de manifestations.

Le parti de M. Pachinian, Contrat Civil, a remporté 54% des voix à l'issue de législatives anticipées qui ont polarisé la société arménienne, sur fond d'amertume face à la défaite dans une guerre contre le voisin azerbaïdjanais à l'automne. Le bloc de M. Kotcharian a, lui, remporté 21% des bulletins. "Nous estimons qu'il y a eu beaucoup de violations" lors du scrutin, a déclaré M. Kotcharian lors d'une conférence de presse, annonçant son intention de "saisir la Cour constitutionnelle". L'ex-président a aussi promis de "continuer le combat" au Parlement et "dans la rue", sa formation, qui a déjà organisé plusieurs manifestations contre M. Pachinian ces derniers mois, ayant "beaucoup de partisans". Malgré les accusations de l'opposition, les observateurs de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) ont qualifié lundi les législatives arméniennes de "concurrentielles et bien organisées", louant une campagne "démocratique" et un dépouillement des bulletins "hautement transparent". Président de 1998 à 2008 de ce pays du Caucase, Robert Kotcharian, 66 ans, jouit d'une certaine autorité sur le système judiciaire, très largement sous contrôle des autorités avant l'arrivée au pouvoir de Nikol Pachinian à l'issue d'une révolution pacifique en 2018. Accusé par le passé de fraude électorale et de la répression sanglante de manifestations, M. Kotcharian est également visé par une enquête pour corruption. Il est pour de nombreux Arméniens l'incarnation du système honni qu'ils ont chassé en 2018. Vainqueur des législatives, Nikol Pachinian, ancien journaliste de 46 ans, jouissait, lui, d'une aura de réformateur avant qu'une désastreuse déroute militaire face à l'Azerbaïdjan, l'année dernière au Nagorny Karabakh, ne ternisse sa réputation. Dénoncé comme un "traître" par une partie de l'opposition pour avoir signé un humiliant accord de cessez-le-feu en novembre 2020, il a fait face ces derniers mois à des manifestations d'ampleur réclamant sa démission, à la suite desquelles il avait accepté de convoquer les législatives anticipées. (Belga)




 

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