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Asile et migration - France: garde à vue prolongée de 22 militants qui ont envahi le siège de SOS Méditerranée

(Belga) La garde à vue de 22 militants hostiles aux migrants et qui ont envahi vendredi le siège de l'ONG SOS Méditerranée dans le sud-est de la France, a été prolongée samedi de 24 heures, ont annoncé les autorités judiciaires.

Cette action de militants du groupuscule d'extrême droite "Génération Identitaire" s'est déroulée la veille de la journée européenne organisée ce samedi en soutien à l'Aquarius, navire humanitaire de SOS Méditerranée, qui porte secours en mer aux migrants. "L'enquête se poursuit" pour "violences en réunion", "séquestration", "participation à un groupement en vue de commettre des violences" et "enregistrement et diffusion d'images violentes", a précisé Xavier Tarabeux, procureur de la ville de Marseille où se situe le siège de l'ONG. Aucun jour d'interruption de travail n'a été prescrit aux salariés de SOS Méditerranée qui étaient présents au siège de l'association lors de l'irruption des militants identitaires, au terme des examens médicaux, a-t-il précisé. Vendredi, les militants anti-migrants avaient surgi au siège de l'association en début d'après-midi et avaient été rapidement délogés par la police, après avoir déployé une banderole accusant l'ONG d'être "complice du trafic d'êtres humains". L'association a porté plainte et a décrit une "attaque violente", rapportant que des militants avaient "molesté" certains membres du personnel et "empêché plusieurs autres par la force" de quitter les lieux avant l'arrivée de la police. Génération Identitaire a pour sa part affirmé avoir agi sans violences. Ce groupe, qui avait notamment par le passé pris pour cibles des mosquées, s'est focalisé ces derniers mois sur les migrants, sous la bannière "Defend Europe" déployée en Méditerranée ou dans le sud des Alpes françaises. Fin avril, une centaine de militants de Génération identitaire avaient ainsi bloqué symboliquement le col de l'Echelle (dans les Alpes et frontalier de l'Italie) pour marquer leur hostilité à l'entrée de migrants en France. L'Aquarius s'est retrouvé à plusieurs reprises ces derniers mois au coeur de bras de fer entre pays européens refusant de le laisser débarquer les migrants qu'il sauve en pleine mer. Le navire a dû se résoudre à jeter l'ancre jeudi matin, à vide, à Marseille. Après avoir perdu son pavillon de Gibraltar, l'Aquarius est en effet menacé de perdre celui de Panama, bien qu'il souligne ne faire qu'appliquer le droit humanitaire de la mer. SOS Méditerranée a appelé samedi à des rassemblements dans plusieurs dizaines de villes de France et d'Europe afin de la soutenir. (Belga)

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