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Assassinat du châtelain de Wingene: le tribunal a tranché

Assassinat du châtelain de Wingene: le tribunal a tranché

Le tribunal correctionnel de Bruges a condamné, ce mercredi, André Gyselbrecht à 27 ans de prison pour l'assassinat de Stijn Saelens, dit le châtelain de Wingene. Le médecin de Ruiselede avait commandité l'assassinat de son beau-fils. Le ministère public avait réclamé 30 ans de prison et 15 ans de mise à disposition.

La défense d'André Gyselbrecht (67 ans) ira vraisemblablement en appel contre la condamnation. Me Johan Platteau estime que le tribunal n'a pas assez tenu compte de la situation difficile dans laquelle se trouvait le médecin de Ruiselede à ce moment-là. "J'ai conseillé à mon client de faire appel. J'ai déjà traité 83 affaires d'assassinat et je n'ai jamais défendu quelqu'un qui a fait de son mieux durant sa vie", explique Me Platteau. André Gyselbrecht a déclaré qu'il voulait écarter Stijn Saelens pour protéger sa fille et ses petits-enfants. "La situation était horrible et il voulait que cela s'arrête. Cette situation aurait dû mieux être appréciée dans le jugement", selon Me Platteau.


Les autres condamnations

Quant à Evert de Clerq, il écope de 27 ans de prison pour son implication dans l'assassinat de Stijn Saelens. Il avait recruté le tueur Antonius van Bommel mais a toujours nié son implication. Le ministère public réclamait 28 ans de prison à son encontre et 15 ans de mise à disposition.

Le tribunal a également condamné Pierre Serry, auquel il inflige 21 ans de prison pour son implication. Il a joué un rôle crucial d'intermédiaire et dans la planification de l'assassinat. Le ministère public réclamait 26 ans de prison et 15 ans de mise à disposition.

De son côté, Franciscus "Roy" Larmit écope de 15 ans de prison pour son implication. L'homme avait convoyé son oncle Antonius van Bommel vers le château Carpentier. Le ministère public réclamait 24 ans de prison et 15 ans de mise à disposition.

Rappel des faits

Stijn Saelens a été tué le 31 janvier 2012 dans son château de Wingene, en Flandre occidentale. Son beau-père, André Gyselbrecht, était considéré par les enquêteurs comme le commanditaire de l'assassinat. Ce médecin de famille, originaire de Ruiselede, assure qu'il ne voulait donner qu'une "leçon" à la victime, qu'il accuse de s'être livrée à des comportements incestueux envers sa petite-fille.

Selon la défense, la plainte concernant ces faits n'a jamais été instruite. Le corps sans vie du châtelain Stijn Saelens avait été découvert deux semaines après les faits à proximité d'un chalet à Maria-Aalter, appartenant à Pierre Serry, un ami de Gyselbrecht qui aurait agi en tant qu'intermédiaire. Ce dernier s'est tu pendant plusieurs années, jusqu'à ce qu'il change d'avocat et commence à collaborer avec les enquêteurs. C'est lui qui a finalement avoué l'intention d'en finir avec le châtelain. Confondu par son ADN, le Néerlandais Antonius van Bommel a, lui, été identifié fin janvier 2013 comme le tireur, avant qu'un lien ne soit établi deux ans plus tard avec Franciscus 'Roy' Larmit, un neveu d'Antonius van Bommel, le tueur à gages entretemps décédé. Larmit aurait accompagné son oncle au château de Wingene le jour des faits, mais affirme ne pas avoir été mis au courant de ses projets macabres. Il lui aurait toutefois prêté main-forte pour enterrer le corps.

Le quatrième suspect, Evert de Clercq, avait fait l'objet d'une première détention dans le cadre cette affaire au cours de l'été 2013. Il était cependant apparu que son ADN ne correspondait pas aux prélèvements des enquêteurs. Le parquet entendait dès lors cesser les poursuites, mais la chambre du conseil en a décidé autrement.

Quelques mois plus tard, de Clercq est retourné en prison sur la foi des dénonciations de Larmit. De Clercq a ensuite été suspecté d'avoir joué un rôle d'intermédiaire dans le recrutement du tueur Antonius van Bommel.

Le 20 janvier dernier, la chambre gantoise des mises en accusation avait décidé de renvoyer l'affaire devant le tribunal correctionnel de Bruges, faisant fi du voeu de la défense d'en débattre devant la cour d'assises.

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