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Assaut anti-terroriste à Verviers, il y a 5 ans: RTL INFO a rencontré l'unité spéciale qui a agi ce jour-là

 
 

Il y a 5 ans, le 15 janvier 2015, vers 17h45, l’assaut contre la planque de Verviers était donné. Deux terroristes seront tués, un troisième sera pris vivant. La cellule de Verviers était la matrice des attentats de Paris et de Bruxelles. Cet "anniversaire" constitue L'occasion de s'intéresser aux Unités spéciales de la police fédérale. Elles ont été au coeur du succès de cette opération. RTL INFO a rencontré les personnes qui étaient coeur de cette opération réussie. Elles ont accepté de revenir sur la manière dont cette opération a été préparée et menée.

Ces personnes ont donné l'assaut contre un appartement "conspiratif" situé rue de la colline, 32 à Verviers. Cette attaque représentait l’aboutissement de nombreuses semaines d’enquête. Des écoutes avaient été mises en place, 24h/24 les terroristes étaient surveillés et des psychologues décortiquaient leurs faits et gestes. Derrière les murs, les terroristes commentaient l’attentat de Charlie Hebdo, ils se préparaient à contrer un assaut des polices, ils manipulaient des armes de guerre.

De leur côté, dans le plus grand secret, les unités spéciales imaginaient, répétaient et adaptaient une foule de scénarios. Le 15 janvier, les équipes des Unités spéciales sont discrètement arrivées à Verviers. Les agents se sont positionné dans l’ancienne prison désaffectée. La tension était palpable.

La fenêtre d’intervention était courte. Il y avait deux contraintes : tout d’abord l’heure… Un peu plus loin il y avait une école secondaire et juste à côté une école de danse… La rue devait être dégagée. Ensuite, les enquêteurs voulaient que Marouan el Bali, soupçonné d’être le logisticien du groupe, soit présent. A 17h13, il franchi la porte de l’appartement. Le GO pouvait être donné.

Déroulement des opérations

Jean-Noël Lecomte, directeur des opérations des unités spéciales de la police fédérale, dirigeait l'intervention sur place ce jour-là. Il revient sur le déroulement de l'opération au micro d'Antoine Schuurwegen et Guillaume Wils. "Ça commence vendredi. Le week-end, on  un dispositif qui tourne. Le lundi, on est plus offensifs en termes de recherches d'informations et le mardi, ça devient clair pour nous que l'intervention aura lieu, soit une arrestation, soit une perquisition au niveau de la rue de la Colline à Verviers."

"La première chose qu'on va faire, c'est de mettre la population en sécurité. Cela se traduit, pour chez nous, par l'évacuation des personnes habitant l'immeuble où se trouvaient les trois terroristes et les personnes habitant dans la cour arrière de cet immeuble."

Les Unités Spéciales font face à une extrême violence de la part des terroriste. "Ils sont bien barricadés à l'intérieur et ils nous arrosent copieusement, il suffit de voir les impacts par la suite. Cela dure plusieurs minutes, 7 à 8 minutes, et à un moment donné, le feu commence. Il y a de plus en plus de fumée et le troisième terroriste sort par l'arrière du bâtiment, les mains en l'air, dans la fumée. Le sang-froid, l'expérience, le professionnalisme de notre personnel a permis de le récupérer, de la fouiller, de l'évacuer et de le mettre à disposition des autorités judiciaires."

Après une demande d'assistance de la part des Unités Spéciales, le GIGN français intervient. "Ils disposaient d'un moyen particulier qu'on a acquis depuis lors, qui nous permettait de reprendre le dessus par rapport aux terroristes. Les collègues du GIGN sont venus nous fournir cet appui. Comme il fallait un opérateur, ils ont fourni un opérateur pour cet appui-là. Ils ont également fourni du matériel de protection qu'on n'avait pas à l'époque."

"Il y a un avant et un après chaque opération. Mais comme c'est une opération remarquable, il est clair que la prise de conscience par le monde politique de rééquiper les unités spéciales a été cruciale par rapport aux évolutions qu'on a faites depuis 2015. C'est clair qu'il y a un avant et un après, aussi bien au niveau de la remise en question, du changement et amélioration de nos procédés tactiques, mais également par rapport au positionnement de la DSU et la manière dont on a à nouveau investi dans les unités spéciales."

Unité d'appui très spécialisée

Les Unités Spéciales de la Police Fédérale est une unité d’appui très spécialisée qui propose et/ou met en œuvre des avis, tactiques et techniques spécialisés au profit de la police locale et fédérale. C'est l'élite de la police fédérale. Près de 600 personnes y travaillent. Elles sont basées à Bruxelles et comportent plusieurs services spécialisés : l'unité d'observation, l'unité d'intervention et l'unité technique. Il y a en plus quatre unités décentralisés (appelés "POSA") à Liège, Charleroi, Gand et Anvers.

En 2018, les Unités spéciales ont effectués 145.549 heures d'observations, 66.827 heures d'intervention ou encore 53.133 heures d'infiltrations. Elles sont intervenues sur 37 Fort Chabrol, 5 prises d'otages ou encore 7 enlèvements.

Les Unités spéciales belges collaborent souvent avec d'autres unités spéciales dans le monde. Par exemple, lors de l'assaut de Verviers, des membres du GIGN français étaient présents.




 

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