Assises Bruxelles - Les parties s'accordent sur la gravité de l'état mental de l'accusé

(Belga) L'état mental de Youssouf Bah, accusé du meurtre de son frère devant la cour d'assises de Bruxelles, n'est plus un point d'interrogation. L'expert psychiatre, qui avait estimé juste après les faits que l'intéressé n'était pas atteint d'une maladie mentale le rendant incapable du contrôle de ses actions, a conclu vendredi qu'il l'est bel et bien à l'heure actuelle. L'avocate générale a estimé qu'il devait être interné.

L'expert psychiatre mandaté par la justice avait vu l'accusé quelques jours après les faits, en janvier 2018, et avait estimé qu'il n'était pas dans un état mental grave, admettant qu'il y avait des "trucs curieux" dans son comportement, selon ses propres mots devant le jury d'assises vendredi. Au passage, le médecin a confié que l'expertise judiciaire n'est "pas sa tasse de thé". Requis pour une nouvelle expertise il y a quelques jours en raison du comportement étrange de l'accusé en prison, il a cette fois conclu à la maladie mentale, parvenant au diagnostic d'une schizophrénie paranoïde. Plus tard dans la journée, la parole a été donnée à l'avocate générale Nathalie Franco pour son réquisitoire. "Au vu des rapports des psychiatres, je crois qu'il existait, au moment des faits, des prémisses d'un trouble mental chez l'accusé mais pas au point de perdre tout discernement", a-t-elle dit, demandant aux jurés de le reconnaître dès lors coupable de meurtre. Mais quant à son état actuel, il n'y a aucun doute, selon la magistrate: l'accusé est malade et doit être interné. Youssouf Bah, un Sierra-Léonais de 22 ans, est accusé d'avoir mortellement poignardé son frère aîné, Ibrahim Bah, le 30 décembre 2017 à Schaerbeek. Ce dernier, âgé de 24 ans, était décédé peu après son admission à l'hôpital. (Belga)

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