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Attentats à Bruxelles - deux ans après - Un procès gigantesque espéré en 2019

Attentats à Bruxelles - deux ans après - Un procès gigantesque espéré en 2019

(Belga) Le procès des attentats de Bruxelles s'annonce démesuré, avec quelque 1.000 victimes et parties civiles. S'il est encore difficile de prévoir précisément quand il aura lieu, le procureur fédéral Frédéric Van Leeuw estime que le calendrier judiciaire permet de l'envisager en 2019 ou début 2020.

"Avec toutes les réserves liées aux éventuels devoirs d'enquête, les juges d'instruction ont annoncé leur intention de clôturer en 2018, ce qui donnerait un début de procédure en 2019 et un procès en 2019 ou 2020", explique le magistrat. La France et la Belgique sont intimement liées dans ce dossier, qui est composé de trois parties: l'attaque du Thalys en août 2015, les attentats de Paris en novembre 2015 et la fin de la séquence, à savoir les événements de Bruxelles le 22 mars 2016. "Chaque dossier a son importance. Celui du 13 novembre a vocation à être jugé à Paris, mais 90% de l'enquête a eu lieu en Belgique, et il y a encore des choses à faire", détaille M. Van Leeuw. Le calendrier judiciaire ne fait pas à proprement parler l'objet d'un accord avec Paris. "Les justices ont des rythmes différents", souligne le procureur fédéral. "Il y aura à un moment une accélération de la procédure en France, puisque la loi ne leur permet pas d'aller au-delà de cinq ans de détention préventive. Il est cependant clair qu'on doit se parler, puisque les groupes ont été actifs sur les deux territoires et qu'il y eu des victimes des deux côtés. Il faudra communiquer pour éviter tout problème, comme cela a déjà été le cas pour le procès de la rue du Dries." Au niveau de l'enquête, il serait très intéressant de pouvoir mener des devoirs d'enquête en Syrie ou en Irak, estime le magistrat. "Cela permettrait de fermer des portes, de déterminer si un suspect est mort ou pas, mais c'est impossible en raison de la situation actuelle. On dépense beaucoup de capacités pour des dossiers alors que les personnes sont probablement mortes. Ceci dit, il faut être très prudent. Abdelhamid Abaaoud avait été déclaré mort plusieurs fois, Hicham Chaib et Oussama Attar également." En termes d'organisation, M. Van Leeuw reconnaît que le procès sera "difficile à gérer" et que la réflexion à ce sujet est donc déjà en cours. "Il y a déjà eu des procès avec énormément de parties civiles, comme ceux de la catastrophe de Ghislenghien ou de l'affaire Fortis, mais dans le cas du terrorisme, il y a aussi l'aspect sécurité. Il faudra peut-être s'inspirer de ce qui s'est déjà passé à l'étranger." (Belga)

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