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Attentats à Bruxelles: Fayçal Cheffou libéré, son avocat donne son alibi en béton

Attentats à Bruxelles: Fayçal Cheffou libéré, son avocat donne son alibi en béton
 

Fayçal Cheffou a été inculpé, mais libéré, dans le cadre de l’enquête sur les attentats de Bruxelles. Ce suspect n'est pas l'homme au chapeau qui apparait sur la vidéo de l'aéroport. Selon son avocat, il a même un alibi en béton.

L’homme au chapeau que l’on peut voir sur les images de vidéosurveillance de l’aéroport de Zaventem n’est pas Fayçal Cheffou. Olivier Martins, son avocat, n’en est pas seulement persuadé, il en est convaincu. Au moment des attentats de Bruxelles, Fayçal Cheffou était chez lui. Il a reçu plusieurs appels et est clairement localisé à son domicile.


"Si on ne retrouve pas les empreintes dactyloscopiques de mon client, j’estime que c’est un élément qui est à décharge"

À cet alibi s’en ajoute un autre, la taille de l’homme au chapeau ne correspond pas à celle de cet individu de 30 ans. Enfin, ses empreintes digitales n’ont pas non plus été retrouvées dans l’appartement utilisé par les trois terroristes de Zaventem ni sur les lieux mêmes des attentats. "Le troisième auteur, on le voit pousser son chariot, il n’a pas de gant, il est à main nue et si on ne retrouve pas les empreintes dactyloscopiques de mon client, j’estime que c’est un élément qui est à décharge, c’est un élément extrêmement important", a-t-il fait remarquer au micro d’Arnaud Gabriel pour le RTLinfo 13H.


Son arrestation devant le parquet fédéral? Un pur hasard

Tous ces éléments expliquent pourquoi le parquet fédéral a remis hier en liberté Fayçal Cheffou. Pour ce qui est du lieu de son arrestation, devant le parquet fédéral jeudi dernier, il ne s’agirait que d’un pur hasard. "C’était lui qu’on venait effectivement chercher et ce n’était pas ses amis, et le fait qu’ils aient été interpellés à côté de palais de justice de Bruxelles, il ne faut rien interpréter de négatif parce qu’il n’y a aucun élément", a jouté l’avocat.



Invité de France Inter ce mardi matin, le bourgmestre de Bruxelles, Yvan Mayeur, n’a pourtant pas mâché ses mots à l’égard de Fayçal Cheffou : "Moi je pense qu’il est les deux, la frontière est ténue évidemment entre un radical agité et un radical recruteur. Probablement que le magistrat n’a pas voulu franchir la frontière." Fayçal Cheffou est depuis hier remis en liberté et sans condition.


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Le chauffeur de taxil avait dit le reconnaître

Le témoignage visuel du chauffeur de taxi à fortement pesé sur l’inculpation de Fayçal Cheffou. Ce témoin-clé a transporté les deux kamikazes formellement identifiés Ibrahim El Bakraoui et Najim Laachraoui et le troisième dit "l’homme au chapeau". Le témoin a été convoqué par les autorités belges pour confirmer ou infirmer la reconnaissance de Fayçal Cheffou. "Le chauffeur de taxi ne l'a pas reconnu tout de suite, mais il l'a reconnu à un moment donné" déclare-t-il. L’avocat ajoute: "Lorsque l'on présente des photos, on présente des photos de possibles suspects. Donc, à partir du moment où il croit le reconnaître sur photo, lorsqu'il fait la confrontation derrière la vitre sans tain, il reconnaît en fait à nouveau une personne, mais pas celle qu'il a vu en soi", affirme-t-il.


Fayçal Cheffou, recruteur de candidats au djihad au Parc Maximilien?

Le profil sulfureux de Fayçal Cheffou ne l’a pas aidé à organiser sa défense ses derniers jours. Fin 2015, il a attiré l’attention des autorités belges. En effet, les élus l’ont dépeint comme étant un recruteur de candidats au djihad au Parc Maximilien à Bruxelles, lieu d’accueil pour les réfugiés et demandeurs d’asile. Les antécédents judiciaires de Fayçal lui ont également porté préjudice durant l’enquête. En 2003, il a été inculpé de recel, associations de malfaiteurs et de meurtre, tandis que son grand frère Cherif a été abattu par les forces police en 2002 lors d’une interpellation. Malgré ce passé ambiguë, la perquisition n’a pas permis de retrouver des armes ou des explosifs à son domicile. 

Invité de France Inter ce mardi matin, le bourgmestre de Bruxelles, Yvan Mayeur, n’a pourtant pas mâché ses mots à l’égard de Fayçal Cheffou : "Moi je pense qu’il est les deux, la frontière est ténue évidemment entre un radical agité et un radical recruteur. Probablement que le magistrat n’a pas voulu franchir la frontière." Fayçal Cheffou est depuis hier remis en liberté et sans condition.

 

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