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Au dernier jour du procès, l'avocat de Nemmouche n'a plus dit UN MOT sur l'enfance difficile de l'accusé: il explique pourquoi (vidéo)

Le procès Nemmouche

"Nous aurions pu soutirer des larmes aux jurés et la clémence de jury, mais nous avons décidé de ne pas exhumer l'enfance 'assassinée' de Mehdi Nemmouche", a commenté lundi en fin de journée Me Sébastien Courtoy, avocat de l'auteur de la tuerie au Musée juif de Belgique.

La dernière plaidoirie de l'avocat de Mehdi Nemmouche, Me Sébastien Courtoy, a tourné court lundi après-midi, à quelques heures du verdict attendu dans la soirée dans le cadre de l'attaque du musée juif de Belgique. L'avocat, qui avait plaidé sur le fond pendant plus de sept heures le 28 février, pour défendre cette thèse du "piège" jugée invraisemblable pour les autres parties, a cette fois parlé tout juste plus de cinq minutes.

Il a expliqué refuser de plaider sur "l'enfance malheureuse" de l'accusé, reconnu coupable de quatre assassinats terroristes au musée juif, afin, a-t-il dit au jury, de "ne pas vous soutirer des larmes. (...) Nous avons décidé de laisser reposer cette enfance assassinée en paix et de ne pas la profaner", a lâché Me Courtoy, accusant au passage les procureurs de s'être rendus coupables de cette "profanation".

Enfant sans père élevé dans une famille d'accueil du nord de la France, Mehdi Nemmouche, âgé aujourd'hui de 33 ans, a plongé dans la délinquance à l'adolescence, puis enchaîné les séjours en prison où il s'est radicalisé pour devenir un soldat du jihad violent en Syrie.

Lors du procès, ouvert depuis le 10 janvier, il a refusé le moindre témoignage de proches, susceptible d'éclairer les jurés sur sa personnalité et ses failles.

Le 5 mars, en s'adressant à la cour, il a répété la thèse défendue par Me Courtoy selon laquelle il aurait été "piégé" par de supposés agents des services libanais ou iraniens désireux de lui faire porter la responsabilité de la tuerie du 24 mai 2014.

Selon Me Courtoy, cette attaque ne serait pas un attentat du groupe Etat islamique mais "une exécution ciblée d'agents du Mossad" (les services secrets israéliens), ce qu'aucune preuve dans l'enquête n'est venue étayer.

Dans ce procès, les peines sont attendues ce lundi soir. le parquet a requis la perpétuité à l'encontre de Nemmouche et au moins 30 ans de prison à l'encontre de son coaccusé, Nacer Bendrer, considéré comme étant coauteur de la tuerie en ayant fourni des armes permettant de la perpétrer.

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