Bagarre mortelle à la sortie d'un café de Chimay: quelles peines ont reçues les deux frères, Kévin et Jacquy?

Bagarre mortelle à la sortie d'un café de Chimay: quelles peines ont reçues les deux frères, Kévin et Jacquy?

Le tribunal correctionnel a rendu son jugement, ce vendredi, dans un dossier de coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Deux frères étaient poursuivis pour cette bagarre mortelle survenue à la sortie d'un café de Chimay, en 2014. L'un d'eux a été acquitté, l'autre a écopé de 4 ans de prison avec sursis.

Les faits sont survenus le 27 novembre 2014 devant le "Queen Mary", un établissement du centre de Chimay. Kévin et Jacquy D. ne connaissaient pas Eric Pirmez et, à l'audience encore, les prévenus n'ont pu donner de mobile à la bagarre qui s'est déclenchée juste devant le café.

Selon Me Mayence, partie civile dans cette affaire, aucun témoin ne parle d'une quelconque agression venant de la victime. En revanche, l'un d'entre eux dit avoir vu Jacquy D. bousculer Eric Pirmez et son frère prendre son élan pour lui asséner un coup de poing qui l'a mis groggy, et un deuxième qui l'a envoyé au tapis. En chutant, la victime s'est fracturée le crâne et est décédée quelques minutes plus tard d'une hémorragie interne. Les prévenus affirment que c'est Eric Pirmez qui a porté le premier un coup de boule à la tête de Kévin D., et que ce dernier, s'est défendu en lui assénant un coup de poing à la mâchoire avant de s'enfuir "pour échapper à la bagarre".

On ne peut admettre qu'un homme se rende au café pour prendre du bon temps et qu'il n'en revienne pas

Selon le parquet, qui se calque sur la partie civile, les constatations du médecin légiste démentent ces explications puisque les fractures à la face démontrent que plusieurs coups ont été donnés. Selon Me Mayence, la fuite des deux prévenus (qui n'ont été interpellés qu'une semaine plus tard) démontrait bien leur sentiment de culpabilité. "On ne peut admettre qu'un homme se rende au café pour prendre du bon temps et qu'il n'en revienne pas", avait ajouté le substitut Lafosse. "C'est un comportement inadmissible et irresponsable. La victime est sans doute morte pour un regard de travers. Il s'agit de violence gratuite, bête et méchante. Je ne vois aucune circonstance atténuante".

Au terme de son réquisitoire, le parquet avait requis 5 ans de prison contre Kévin D., déjà nanti d'un casier judiciaire, et de 3 ans pour son frère considéré comme coauteur, le tout avec un sursis éventuel. Me Delvallée, qui défendait Jacquy D., avait plaidé l'acquittement pour son client qui, selon lui, n'a pas participé à l'altercation, celle-ci s'étant déroulée en une fraction de seconde. Kévin D., lui, s'était défendu sans avocat et avait réaffirmé avoir riposté au coup de boule de la victime. Ce vendredi, le tribunal a estimé qu'il n'avait existé aucune provocation dans le chef de la victime puisque les témoignages ne font pas état d'un coup de sa part.

En revanche, ceux-ci évoquent au moins deux coups de poing portés par Kévin D.. Ce dernier écope de 4 ans de prison avec sursis. Son frère, en revanche, est acquitté.

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