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Candide H., djihadiste belge de retour de Syrie et passée par la prostitution, jugée à Bruges

Candide H., djihadiste belge de retour de Syrie et passée par la prostitution, jugée à Bruges

Quatre ans de prison avec sursis requis contre une mère de famille revenue de Syrie. C'est la peine demandée par le parquet fédéral devant le tribunal correctionnel de Bruges. En Syrie, elle s'est mariée 2 fois. Dans les deux cas, avec un combattant de l'Etat islamique. Elle a eu 2 enfants avant de rentrer en Belgique en mars 2017. Selon le réquisitoire du parquet, la prévenue a clairement été coupable de participation aux activités de l'État islamique et de deux autres groupes terroristes.

Le parquet fédéral a requis lundi devant le tribunal correctionnel de Bruges une peine de prison de 4 ans avec sursis à l'encontre d'une jeune femme de Flandre orientale revenue en Belgique depuis la Syrie avec ses deux enfants. Candide H. a quant à elle plaidé l'acquittement pour la participation aux activités de groupes terroristes qu'on lui reproche.

Candide H., jeune femme de Baaigem (Flandre-Orientale), était partie en novembre 2014 pour la Syrie, où elle a épousé son compagnon et a accouché en octobre 2015 d'un garçon. Entre-temps le père du bébé était déjà tombé dans les combats. Il a été condamné par défaut en 2016 à 5 ans de prison pour la participation à des activités terroristes. Fin 2015, la jeune femme a épousé un autre combattant djihadiste, avant de revenir fin mars 2017 en Belgique. Sur son chemin, elle avait, un mois plus tôt, accouché en Turquie de son deuxième enfant. Placée en détention préventive dès son retour, elle avait été libérée sous conditions le 26 septembre 2017. Selon le réquisitoire du parquet, la prévenue a clairement été coupable de participation aux activités de l'État islamique et de deux autres groupes 

"Ma haine des non-croyants est de plus en plus profonde"

L'enquête a démontré qu'elle avait été en contact avec d'autres combattants venus de Belgique, comme Abdelmalek Boutaliss et Olivier Calebout. "Les femmes avaient aussi un rôle bien clair dans le califat. Elle a soutenu son compagnon, sur les plans matériel et moral", a pointé le procureur Antoon Schotsaert. La prévenue aurait par ailleurs relayé de la propagande de l'État islamique via des comptes Facebook et Twitter, soulignant la mort en martyr de son compagnon. "Ma haine des non-croyants est de plus en plus profonde", avait-elle envoyé à sa belle-soeur. Par des messages sur WhatsApp, elle avait tenté de persuader sa mère de ne pas croire les médias occidentaux. Des photos la montrant posant en burqa et arborant le drapeau de l'EI ou une arme ont été découvertes.

Une enfance complexe

Le parquet a notamment tenu compte du bon comportement de la prévenue depuis sa libération sous conditions, demandant une peine avec sursis mais assortie de conditions. La défense a plaidé l'acquittement, affirmant que la jeune femme ne s'est rendue en Syrie que par amour. Elle aurait d'ailleurs bien vite pris conscience qu'elle n'avait pas d'avenir là-bas, dit la défense. "Je ne suis pas une mauvaise personne. Je ne suis pas une criminelle, vraiment pas", a elle-même commenté Candide H. Ses avocats ont dressé le portrait d'une jeune fille à l'enfance difficile. Frappée par son père et abusée sexuellement à l'école, elle a ensuite atterri dans la prostitution alors qu'elle était encore mineure, sous l'influence d'un loverboy. "En septembre 2014, quelqu'un a été gentil et aimant avec elle pour la première fois", a expliqué l'avocat Johan Heymans. "Elle est tombée follement amoureuse".

Jugement attendu pour fin mai

Selon lui, la jeune fille s'est rendue en Syrie dans le seul but d'y fonder une famille. Elle n'était d'ailleurs pas radicalisée, prétend-il, elle ne lisait pas le Coran, mangeait même du porc. Peu après son arrivée, elle voulait déjà revenir en Belgique, indique la défense. Son retour aurait été reporté car il était trop dangereux de traverser la frontière entre Syrie et Turquie. La jeune fille explique être aujourd'hui de nouveau "sur les rails": "j'ai un travail et je fais tout pour mes enfants. Je ne serai jamais parfaite, mais je suis fière de la personne que je suis devenue", a-t-elle expliqué. Elle affirme ne jamais avoir mis les pieds dans le califat de l'EI, mais avoir été en contact avec d'autres groupes terroristes. "L'EI nous a même attaqués", ajoute-t-elle. Jugement le 27 mai.   

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