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Ces ouvriers ne sont plus payés depuis des semaines et dénoncent leur entreprise: "Où est l’argent ?!"

Plusieurs ouvriers égyptiens dénoncent la société de construction pour laquelle ils sont venus travailler en Belgique. N'ayant plus été payés depuis des semaines, ils vivent dans des conditions très précaires. Reportage de Nicolas Lowyck, Arnaud Bouchat et Thomas De Cupper.

Plusieurs ouvriers sur une grue à 25 mètres de hauteur, près d'Anvers. Ils scandent : "Where is the money ?" — où est l’argent ? Égyptiens ou Marocains, ils sont en Belgique depuis plusieurs mois. Et nous ont directement contactés pour dénoncer une injustice : la société de construction pour laquelle ils sont venus travailler ne les a plus payés depuis des mois.

"Tous les gens ici ont une famille et ils n’ont plus un euro en poche. Aujourd’hui, soit nous mourrons soit on nous paye. Je ne suis pas venu ici pour travailler dans la drogue. Je ne suis pas un voleur", témoigne Mohamed.


"Tout ce qu’on demande, c’est notre argent"

Des habitants proches du chantier confirment que les ouvriers travaillent jusque tard, samedi compris. Selon un ouvrier belge, l’entreprise se serait plainte du travail des manifestants. Ceux-ci disent pourtant avoir été appelés sur plusieurs chantiers depuis plusieurs mois.

"On a travaillé sur 5 chantiers sans être payés. On a fini les chantiers d’Anderlecht, de Diegem, de Haecht, de Ninove et on vient de terminer le premier étage ici. Tout ce qu’on demande, c’est notre argent et d’être payés pour nos efforts", déclare Zizo, ouvrier.


Des conditions de vie déplorables

Ils dénoncent aussi leurs conditions de vie. Ils sont une vingtaine à loger dans une maison louée par un sous-traitant.
"Le frigo est vide. On n’a qu’un peu de mayonnaise rien d’autre. Ça c’est vide aussi. Dans la salle de bain pas de lumière, pas de chauffage", montre Zizo à notre cameraman.



Un coup de marteau asséné à la tête

Ce matin, ils sont déjà plusieurs sur la grue quand une échauffourée éclate. Malgré la présence des policiers, un coup de marteau est asséné.

"Le chef est arrivé. Il avait un marteau. Il m’a frappé à la tête", raconte un ouvrier.

Aux gestes forts, l’entreprise aurait répondu par la menace. Les ouvriers craignent ce soir de se retrouver à la rue. Contactée, l’entreprise ne souhaite pas communiquer avant d’avoir analysé la situation.

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