Coopération difficile entre l'Allemagne et la France dans l'enquête sur la tricherie antipollution

(Belga) La justice allemande, qui enquête sur des soupçons de fraude sur les contrôles antipollution chez Volkswagen, refuse dans l'immédiat de transmettre ses éléments aux enquêteurs français, pour ne pas dit-elle, nuire à ses propres investigations.

"Nous avons déjà effectué trois demandes officielles de documents au procureur du tribunal de Braunschweig, demandes qui n'ont pas abouti", ont indiqué les trois juges d'instruction français du pôle santé publique de Paris dans une lettre datée du 27 juillet et dont l'AFP a eu connaissance lundi. La missive, dont une partie a été révélée par le quotidien Le Parisien, est destinée à tenir informés les propriétaires de véhicules s'étant constitués parties civiles. La justice allemande de son côté répond que la transmission de ces documents aux juges français "aurait pu affecter les enquêtes pénales en cours" en Allemagne, a indiqué lundi à l'AFP Christian Wolter, porte-parole du parquet de Braunschweig, ajoutant que cette demande d'entraide juridique sera satisfaite quand il n'y aura plus de risque pour la procédure allemande. Saisis depuis plus de deux ans d'une enquête pour "tromperie aggravée", les juges français avaient placé en mai 2017 le constructeur allemand sous le statut de témoin assisté, intermédiaire entre mis en examen (inculpé) et simple témoin. Les magistrats français rappellent que "la société allemande Volkswagen AG n'a pas souhaité s'exprimer lors de sa première audition en tant que témoin assisté" et qu'ils souhaitent procéder à une nouvelle audition après l'examen d'un recours procédural du constructeur, prévu en septembre par la cour d'appel de Paris. Le scandale des moteurs diesel truqués a éclaté en septembre 2015, après que l'agence américaine de l'environnement (EPA) a accusé Volkswagen d'avoir équipé 11 millions de ses voitures diesel, dont environ 600.000 aux États-Unis, d'un logiciel capable de fausser le résultat des tests antipollution. Depuis, plusieurs parquets allemands ont ouvert des enquêtes pour fraude, manipulation de cours de Bourse ou publicité mensongère contre des cadres de Volkswagen et ses marques Audi et Porsche, mais aussi de Daimler et de l'équipementier Bosch. (Belga)

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