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La mort d'un jeune à Anderlecht avait causé des émeutes: voici les résultats de l'enquête liée à la course-poursuite

 
 

Le vendredi 10 avril 2020 vers 21h, un jeune de 19 ans, qui circulait sur un scooter, avait perdu la vie suite tandis qu'il essayait d'échapper à un contrôle. Des dizaines de personnes avaient cru qu'une voiture de police en renfort avait délibérément percuté le scooter, ce qu'écartent complètement les résultats de l'enquête. Le Parquet de Bruxelles livre tous les détails du drame.

L'affaire avait fait grand bruit en avril dernier, lorsqu'un jeune avait perdu la vie au guidon de son scooter, alors qu'il fuyait un contrôle de police à Anderlecht. Des dizaines de jeunes s'étaient rassemblés et des émeutes avaient éclaté (voir notre compte-rendu).

Ce jeudi, le parquet de Bruxelles a rendu ses conclusions. Il avait ouvert une information judiciaire afin de déterminer les circonstances exactes des faits. Le 14 avril, un juge d’instruction a été requis du chef d’homicide involontaire, pour lancer des devoirs d'enquête.

Selon le Parquet qui évoque "l'indépendance totale" du juge, voici le déroulement exact des faits :

"Le 10 avril 2020, vers 21h00, les services de police ont leur attention attirée par deux cyclomoteurs qui circulent à vive allure dans plusieurs rues d’Anderlecht. Alors qu’ils essayent de procéder à leur contrôle, un des cyclomoteurs, accélère et prend la fuite. Une course poursuite est engagée. Arrivés sur la place Docteur De Meersman, le cyclomoteur monte sur la place. La configuration de la place ne permettant pas aux services de police de suivre le cyclomoteur sa position est transmise à d’autres équipes venues en renfort. Un véhicule de police arrive alors en face du cyclomoteur sur le Quai de l’industrie. A ce moment-là, le cyclomoteur suit une camionnette. Au moment où la camionnette croise le véhicule de police, le cyclomoteur déboite de derrière la camionnette et percute de plein fouet l'avant gauche du véhicule de police", dit le Parquet.

Le jeune homme est mort suite à cet accident.

L'expertise automobile est claire

Le Parquet s'appuie sur des expertises automobiles pour écarter la responsabilité des policiers à bord de la voiture impliquée :

"L’accident s'est produit sur la demi-largeur de chaussée réservée aux usagers se dirigeant vers la rue Jules Ruhl; soit la bande de circulation sur laquelle le véhicule de police circulait. Le véhicule de police, scrutant les environs à la recherche du cyclomoteur circulait à faible vitesse et était animé d’une vitesse résiduelle lors de l’impact comprise entre 17km/h et 25km/h. Le cyclomoteur était quant à lui animé d’une vitesse résiduelle lors de l’impact comprise entre 57,6km/h et 70,4km/h. Cette vitesse était supérieure à la vitesse autorisée, inadéquate par rapport à la capacité de freinage d’un cyclomoteur débridé et inadaptée à la configuration des lieux. Ce même expert automobile précise que la victime ne portait pas correctement son casque de protection. Ce constat n’étant, selon l’expert automobile, pas sans influence sur les conséquences dramatiques de cet accident".

Le Parquet précise également que "l’exploitation des enregistrements des communications radio entre les différents patrouilleurs et le dispatching confirme que les policiers intervenants ont immédiatement appelé les services de secours. Cet élément ressort également des auditions des témoins. Ces enregistrements audio ne révèlent, par ailleurs aucun élément relatif à une éventuelle concertation entre les policiers".

Pas d'inculpation des policiers

Suite à l’ensemble des éléments recueillis, le juge d’instruction "n’a estimé devoir inculper personne dans le cadre de ce dossier ce qui revient à dire qu’aucun indice sérieux de l’existence d’une infraction pénale n’a été retenu", poursuit le Parquet.

Le dossier de la procédure a été renvoyé au parquet de Bruxelles qui a tracé un réquisitoire de non-lieu pour absence de charges suffisantes à l’encontre des protagonistes du dossier et notamment du conducteur du véhicule de police.

Le parquet de Bruxelles souhaite rappeler que les parties peuvent encore solliciter des devoirs complémentaires de la part du juge d’instruction si elles estiment que le dossier est incomplet.




 

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