De sa rencontre avec Béatrice Berlaimont jusqu'à son décès: le juge retrace la chronologie des faits reprochés à Jérémy Pierson

De sa rencontre avec Béatrice Berlaimont jusqu'à son décès: le juge retrace la chronologie des faits reprochés à Jérémy Pierson

Le procès de Jérémy Pierson pour le meurtre et la séquestration de Béatrice Berlaimont s'est poursuivi mardi devant la cour d'assises du Luxembourg avec l'audition des enquêteurs et du juge d'instruction. Ce dernier a présenté les résultats de la reconstitution, retraçant la chronologie des faits entre la rencontre fatidique et le décès de l'adolescente.

En mai 2015, Jérémy Pierson a reproduit les gestes qui ont précédé l'enlèvement, puis la mort de Béatrice Berlaimont fin novembre 2014. Une reconstitution dont les résultats ont été présentés par le juge d'instruction Jacques Langlois mardi devant les assises du Luxembourg. Le magistrat relate comment l'accusé explique avoir rencontré l'adolescente alors qu'elle se rendait à l'école. La veille, Pierson s'était introduit dans une maison pour y voler les clés d'une Volvo et d'une Toyota. "Jérémy Pierson était inscrit à une formation à laquelle il ne participait pas", explique le juge d'instruction. "Mais tous les jours, il faisait comme s'il s'y rendait."

C'est ainsi que, le 21 novembre, l'accusé s'est rendu le long de la "coulée verte", ce sentier qu'empruntait Béatrice pour se rendre au cours. Il avait consommé de la cocaïne et de la MDMA. Selon la reconstitution, il s'est assis sur un banc pour regarder des vidéos sur son téléphone. C'est là que l'adolescente l'a rencontré vers 8h du matin.

Béatrice lui aurait fait une remarque concernant la vidéo, après quoi Pierson lui aurait proposé de s'asseoir à côté de lui pour qu'ils regardent des vidéos ensemble. Elle se serait alors confiée à lui quant au fait qu'elle se sentait perdue, qu'elle n'avait pas envie d'aller à l'école. L'adolescente l'aurait ensuite suivi jusqu'à la voiture Volvo stationnée plus loin pour qu'il recharge son téléphone portable afin de continuer à regarder des vidéos. Ils auraient ensuite roulé sans but précis avant de s'arrêter dans les bois près d'Udange, où Pierson explique avoir violé la jeune fille sur la banquette arrière, avant de poursuivre le visionnage de vidéos. Béatrice aurait alors demandé pour rentrer chez elle.


"Ce qui s'était passé, c'était assez grave"

Jérémy Pierson explique avoir pris conscience de la gravité des faits, sans savoir comment les assumer. Il se serait alors rendu dans les greniers de l'hôtel Appart-City où il avait ses habitudes pour y dérober une couette et des oreillers, avant de se rendre au magasin Carrefour d'Arlon pour y acheter du ruban adhésif et des croissants. Ruban dont il s'est servi pour entraver les membres de la jeune fille. En journée, Jérémy Pierson la séquestrait parfois dans un container de la caserne Callemeyn. La nuit, il la gardait enfermée à l'arrière de la Volvo stationnée non loin de son domicile.

Le 25 novembre, le ravisseur décide de quitter la région avec sa captive, avant d'embourber son véhicule au lieu-dit "La Cambuse". Pierson entre alors en contact avec plusieurs personnes, dont sa mère, un agriculteur et un garagiste, pour le dépanner. Pour ne pas éveiller les soupçons, il dissimule Béatrice dans les bois, puis dans un mirador tout proche, toujours entravée, recouverte d'une couette. Il la violera à nouveau la nuit, dans la voiture. Celle-ci ne redémarrant pas, il décide de voler la Toyota dont il avait dérobé les clés quelques jours auparavant, laissant Béatrice à l'intérieur du mirador. La jeune fille est attachée à la structure au moyen d'une corde nouée autour de ses poignets et de son cou.

Pierson explique qu'à son retour sur place le 29 novembre, l'adolescente ne bouge plus. Il entreprend de déplacer le corps, enroulé dans une couette. Il finira par déposer la dépouille dans la sapinière où elle sera découverte le 1er décembre. Interrogé sur ce qu'il entreprenait de faire si Béatrice avait survécu, Jérémy Pierson explique qu'il avait l'intention de la libérer, mais qu'il ne savait pas comment s'y prendre. "Ce qui s'était passé, c'était assez grave", expliquera-t-il aux enquêteurs.


Aussi des victimes en France et au Grand-Duché de Luxembourg

Poursuivi devant la cour d'assises du Luxembourg pour la séquestration, le viol et le meurtre de Béatrice Berlaimont, Jérémy Pierson doit également répondre de plusieurs agressions commises en France et au Grand-Duché.

Les enquêteurs entendus mardi à l'audience expliquent comment Jérémy Pierson aurait agressé une automobiliste en France, le matin même de son interpellation le 9 décembre à son domicile d'Arlon. Il se serait introduit à l'arrière du véhicule avant de menacer la victime d'un couteau sous la gorge. Une méthode qui n'est pas sans rappeler celle employée à l'encontre de Sauvane Watelet, la jeune femme agressée par Jérémy Pierson le 4 décembre alors qu'elle se trouvait en voiture. Concernant les faits du 9 décembre, l'automobiliste était toutefois parvenue à mettre son agresseur en fuite en criant et en actionnant son klaxon.

Jérémy Pierson doit par ailleurs répondre de l'agression d'une joggeuse en juin 2014 au Grand-Duché. Là encore, les cris de la victime avaient fait fuir l'assaillant.

Ces deux agressions ont été jointes au dossier Berlaimont par connexité, sur dénonciation des autorités françaises et grand-ducales.

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