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France: liberté conditionnelle refusée pour Jon Parot, militant de l'ETA

(Belga) La justice française a refusé jeudi la demande de liberté conditionnelle formulée par le militant de l'organisation séparatiste basque ETA Jon Parot, incarcéré depuis 1990, a-t-on appris auprès de son avocate.

Jon Parot, membre du commando itinérant "Argala" appelé aussi "commando français", a été condamné en 1997 à la réclusion criminelle à perpétuité pour sa participation à une vingtaine d'attentats ayant fait une quarantaine de morts entre 1978 et 1989. "La demande de liberté conditionnelle a été refusée, Jon Parot reste incarcéré", a expliqué Me Maritxu Paulus Basurco. La cour d'appel de Paris "a estimé que la libération conditionnelle de Jon Parot n'est pas dans l'intérêt des victimes, des parties civiles, ni de la société", et qu'elle "constituerait un trouble grave à l'ordre public", a-t-elle précisé. Selon elle, il s'agit de la cinquième demande de liberté conditionnelle formée par Jon Parot. Le tribunal d'application des peines l'avait acceptée en octobre, mais le parquet avait fait appel. Incarcéré à Muret, près de Toulouse, le Français âgé de 66 ans "était en droit de prétendre à la liberté conditionnelle depuis 2005", selon Me Paulus Basurco. Elle a estimé que la "dure" décision de la cour d'appel "ne tient pas compte des changements politiques". "A mon sens, cette décision n'est pas soutenable dans le contexte actuel de désarmement de l'ETA", a-t-elle regretté. Le mouvement Bagoaz ("J'y vais ! " en basque), qui milite pour le rapprochement des détenus basques des familles et la libération des malades, a regretté une décision "honteuse et incompréhensible", à l'heure "où il semblerait que l'Etat français soit prêt à faire quelques pas favorables dans le processus de paix, où il prend des engagements sur le rapprochement des prisonniers politiques". L'ETA a renoncé en octobre 2011 à la lutte armée, après 43 ans de violences au nom de l'indépendance du Pays Basque et de la Navarre. Au total, 829 morts lui sont imputés. En 2017, elle a livré aux autorités françaises une liste de caches d'armes situées dans le sud-ouest de la France, mais n'a pas donné suite aux appels à se dissoudre. Jeudi, le quotidien basque Gara a publié des extraits d'une lettre de la direction d'ETA, selon laquelle les membres de l'organisation ont commencé à voter sur sa dissolution. (Belga)

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