En ce moment
 
 

France: vingt ans de réclusion pour avoir voulu tuer sa fiancée en la brûlant vive

(Belga) Un homme de 34 ans a été condamné vendredi à Pontoise à 20 ans de réclusion criminelle pour avoir voulu brûler vive sa fiancée sur le point de le quitter, et tenté de maquiller son crime en accident de la route, a-t-on appris auprès du parquet.

La thèse, soutenue par la défense, d'un dramatique concours de circonstances ayant transformé la jeune femme en torche humaine n'a pas convaincu les jurés au terme de deux semaines de procès devant la cour d'assises du Val-d'Oise. Johann Boucher comparaissait libre après avoir été incarcéré près de sept mois en 2009. La cour d'assises a suivi les réquisitions de l'avocat général qui avait décrit la veille un homme "manipulateur", "maladivement jaloux", espionnant sa compagne et ne supportant pas l'idée qu'elle le quitte. Le 9 novembre 2007 peu avant minuit, la voiture du jeune homme, alors âgé de 22 ans, percute un arbre sur une départementale du Val-d'Oise. Sa fiancée de 20 ans, Emilie Godest, prend feu en sortant de l'habitacle. Elle survivra, la moitié du corps grièvement brûlée. Hospitalisée plus de six mois, elle subira de nombreuses greffes. Le conducteur, indemne, est soupçonné de l'avoir aspergée d'alcool à brûler et d'y avoir mis le feu après une sortie de route volontaire, pour faire croire à un accident. Elle venait de rencontrer un autre homme. "Un cocktail de passions et de manies l'ont conduit à ce scénario si complexe", a estimé l'avocat général François Pucheux. "J'ai la certitude que les choses ne se sont pas déroulées comme prévu. Emilie devait disparaître dans les flammes de l'incendie", a-t-il ajouté. L'avocat général a concédé que l'origine de l'incendie n'avait pu être établie formellement "faute de données et de constats suffisamment fiables et complets". Mais il s'est dit convaincu que l'accusé avait "attiré sa fiancée dans un traquenard, simulé un accident, tenté de l'achever à deux reprises", par les flammes et l'étouffement. Johann Boucher a toujours clamé son innocence, cherchant à montrer - expertises privées à l'appui - que la jeune femme avait pu prendre feu sans qu'il intervienne. "Vous commettez un crime judiciaire si vous le condamnez", avait déclaré à la cour son avocat Claude Llorente jeudi. (Belga)

Vos commentaires