Ilhem, 16 ans, frappée au visage sur la digue d'Ostende par un homme qui lui arrache son foulard et lui crie "vuil Marokkaans"

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Ilhem, une jeune fille de 16 ans, se trouvait vendredi dernier en voyage scolaire à Ostende. "Ma fille et son amie marchaient sur la digue", relate Nathalie Della Valentina, la maman d'Ilhem, rencontrée par Mélanie Renda et Catherine Vanzeveren pour le RTLinfo 13h.

"Le monsieur a bousculé assez violemment ma fille. Elle a voulu lui faire une remarque mais quand elle s'est retournée le monsieur lui a arraché son foulard et lui a asséné un coup de poing au visage en lui criant que c'était une 'vuil Marokkaans'", ce qui veut dire littéralement "sale Marocaine" en néerlandais.

L'amie d'Ilhem contacte aussitôt des camarades de classe et quatre d'entre eux arrivent et se mêlent à l'altercation. La preuve des faits se trouve en photo. Celle qui illustre cet article a été prise par un camarade d'Ilhem au moment de l'agression. On y voit l'homme d'une quarantaine d'années étrangler la jeune fille, avec l'un des professeurs tentant de la calmer.


La police ne retient pas le caractère islamophobe

Ilhem a été conduite à l'hôpital pour faire constater les contusions qu'elle a sur le corps suite à l'agression. Quant à la police d'Ostende, elle est venue constater. "Nous avons fait 5 procès-verbaux. L'un à l'encontre de l'homme pour les coups à l'encontre de la jeune fille. Les autres à l'encontre de 4 mineurs qui s'en sont mêlés. L'enquête est en cours. Pour l'heure, le caractère islamophobe de l'incident n'est pas retenu", explique Carlo Smits, le commissaire de la zone d'Ostende.

Pour sa maman, ce caractère islamophobe ne peut être nié. "Ma fille, si elle a pas son foulard, on ne peut pas deviner que c'est une arabe, à aucun moment. Il lui a arraché son foulard. Il a dit assez haut que c'était ce qu'il lui reprochait. Pourquoi s'en prendre à ma fille et pas son amie qui était juste à côté et qui ne porte pas le voile?"

Voilà pourquoi elle a porté plainte auprès de sa police locale, mais aussi du Comité P, la police des polices.

Ilhem, elle, se remet doucement. Mais elle est en incapacité de travail et ne peut donc pas se rendre à son job d'étudiante prévu pendant ces vacances.


Des agressions islamophobes de plus en plus graves

Pour Patrick Charlier, le porte-parole d'Unia, le centre pour l'Égalité des Chances et la Lutte contre le Racisme, invité du 13h de RTLinfo, cette agression illustre bien un phénomène récurrent. "Cela confirme une réalité. Régulièrement des personnes de confession musulmane font l'objet d'agressions, de menaces, et ce n'est pas la première fois qu'on a des cas de femmes dont le foulard est arraché dans la rue, exprimant ainsi une forme de mépris ou d'hostilité à l'égard de ces personnes-là."

"On constate par rapport à l'islamophobie qu'il n'y a pas une augmentation nécessairement du nombre de dossiers mais une aggravation. (…) On voit régulièrement sur les réseaux sociaux des appels à la mort, se réjouir de décès ou disparitions de personnes de confession musulmanes et quand on analyse le contenu, on voit que depuis quelques mois, quelques années, singulièrement après les attentats, la gravité des propos et des menaces est en augmentation", ajoute-t-il.

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