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Isabelle, condamnée à 7 ans de prison, refuse de purger sa peine

 
 

Jeudi dernier, Isabelle Lebeau a reçu son billet d’écrou. Il est arrivé 18 mois après que le jugement ait été rendu. Elle doit se rendre ce mardi à 15h à la prison de Namur, mais elle s’y refuse.

Le 22 septembre 2010, Isabelle Lebeau avait été condamnée à 7 ans de prison pour avoir tenté de tuer son mari. Mais à l’issue du procès, elle avait été libérée et ce n’est que récemment qu’elle a reçu son billet d’écrou la sommant de se rendre à la prison de Namur. Mais elle n’accepte  pas cette décision.

"Payer beaucoup trop cher"

Avant sa libération, elle avait fait 8 mois de détention préventive. Depuis, elle a trouvé un travail et un appartement. Pour elle, la nouvelle est injuste. "Ça serait payer deux fois et deux fois beaucoup trop cher. Je pense que dans la vie on peut se reconstruire une fois certainement, et j’ai été très bien aidée par des médecins, par des amis, par ma famille, mais ici je ne saurais plus recommencer. Ce n’est pas possible c’est de trop", a-t-elle expliqué émue au micro de Jimmy Méo, Vincent Jamoulle et Eric Poncelet pour RTL-TVI.

Le billet d'écrou arrive trop tard

Son avocat, quant à lui, parle d’un retard légal. Le billet d’écrou aurait dû arriver bien plus tôt. Ils ont donc décidé de le contester. Selon l’avocat, Isabelle ne doit pas retourner en prison. "Le Code d’instruction criminel dit clairement que le billet d’écrou doit être délivré dans les 24h de l’arrêt de cour de cassation qui rejette le pourvoi. L’arrêt a été rendu le 22 septembre 2010, le billet d’écrou devait être délivré le 23 septembre 2010 au plus tard", a expliqué Henri Laquay.

Delai de 20 ans

Seulement, tout n’est pas aussi simple. Selon Hugues Hiernaux, un avocat pénaliste, "Dans l’hypothèse du crime, l’article 91 du Code pénal prévoit que le délai est de 20 ans donc légalement la peine peut être exécutée pendant 20 ans." La prescription évoquée par l’avocat de Mme Lebeau n’aurait donc pas lieu d’être.

"La prison, ça démolit quelqu'un"

Isabelle Lebeau ne pensait plus se retrouver derrière les barreaux, après autant de temps. Elle imaginait plutôt une peine alternative. "Je pense qu’il y a des bracelets électroniques, je pense qu’il y a des assistants de justice, je pense qu’il y a moyen de trouver des peines intelligentes, mais pas des peines stupides et ridicules. La prison ça ne construit pas, ça démolit quelqu’un." Elle n’aurait donc pas l’intention de se présenter aujourd’hui à la prison de Namur et ce même si sa demande est rejetée.

Rappel des faits

Le 27 avril 2007, Isabelle Lebeau avait tenté d’assassiner son mari, Thibert Robillard. Elle s’était emparée d’un "buste Napoléon", pesant 4,6 kilos, et avait frappé son mari à trois reprises. Elle l'avait également aspergé de produits lacrymogènes.




 

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