Jean-Denis Lejeune en veut à l'avocat de Marc Dutroux: "Il avait six lettres à écrire, et il commence par 'Madame, mademoiselle, monsieur'"

  • Jean-Denis Lejeune réagit à la lettre de Dutroux

  • Jean-Denis Lejeune: "Je ne vais pas rentrer dans le jeu de cet avocat"

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Le papa de Julie, l'une des victimes du tueur pédophile Marc Dutroux, est révolté contre la démarche de son avocat, dont la lettre est "purement stratégique".

La lettre de Marc Dutroux, écrite par son avocat Bruno Dayez, est arrivée mercredi soir dans la boite aux lettres des familles de ses victimes. Il confirme qu'il ne les indemnisera pas.

Jean-Denis Lejeune, le papa de Julie, l'une des victimes du tueur en série, s'est exprimé sur RTL info ce jeudi matin.

"Il y a des choses qui sont perturbantes, quand on sait qu'il a 6 lettres à écrire, qu'il commence par 'Madame, mademoiselle, monsieur'. Je pense que si les lettres avaient été personnalisées, la démarche aurait semblé plus honorable".

"Sur le fond, il faut savoir que c'est purement stratégique, dans le cadre de la libération conditionnelle de Dutroux. Dayez met de la pommade dans sa lettre, disant qu'il ne faut pas rester emmuré dans son silence. Mais que je sache, nous n'avons jamais été emmurés dans notre silence, c'est bien Dutroux qui l'a été. Donc là, il renverse les rôles".

"La lettre est normale dans le processus de libération conditionnelle, puisqu'il faut que les accusés puissent faire amendement envers les victimes".

Jean-Denis Lejeune est-il prêt à lui parler ? "Non, pas du tout, je ne vais pas rentrer dans le jeu de cet avocat. Je ne veux pas lui parler, je ne veux pas communiquer avec lui. Il a eu 22 ans pour le faire, et il l'a déjà fait. Il y a 4 ans, il m'a envoyé 44 pages pour se disculper de tout, disant qu'il n'était pas responsable de l'enlèvement, qu'on lui a amené les petites et qu'il les a protégées contre les méchants. On en est là, et toutes les versions sont différentes. Donc à mon avis, il faut accorder aucun crédit à la demande de l'avocat de Dutroux. Il n'y aura donc pas de suivi de ma part".

Dans le cadre d'une demande de libération

Quelle est l'origine de cette lettre ? "Nous ne voulons pas la guerre", insiste depuis le départ l'avocat Bruno Dayez, qui a obtenu l'approbation de Marc Dutroux sur le contenu de la lettre envoyée à Sabine Dardenne, Laetitia Delhez ainsi qu'aux parents de Julie, Mélissa, An et Eefje.

"Il s'agit d'une lettre d'apaisement, d'ouverture. Marc Dutroux, qui reconnaît son entière et accablante responsabilité dans la mort des quatre enfants (...) même s'il ne les a pas tués directement, s'adresse aux parents et à ses victimes pour leur dire qu'il est prêt à répondre à leurs sollicitations", explique l'avocat. "C'est une démarche pacifique. Plutôt que de se regarder comme chien et chat depuis tant d'années, on ouvre la porte. Personne n'a rien à y perdre."

Comme l'a précisé Jean-Denis Lejeune, ce courrier entre dans le cadre d'une future demande de libération conditionnelle pour Marc Dutroux, condamné à la réclusion à perpétuité en 2004 pour assassinats, viols, enlèvements, tortures et séquestration.

"Toute libération conditionnelle en Belgique suppose que l'on satisfasse quatre exigences", souligne Me Dayez. Soit être suffisamment puni, faire preuve d'amendement, ne pas présenter un danger social et pouvoir se reclasser. "Nous en sommes à la deuxième étape", glisse l'avocat qui estime que son client, âgé de 61 ans et incarcéré depuis 22 ans, a bien été suffisamment puni.

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