Jérémy Pierson évoque la séquestration et la mort de Béatrice: "Si je l'avais laissée-là, on ne l'aurait jamais retrouvée"

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Le procès de Jérémy Pierson s'est ouvert ce lundi devant la cour d'assises d'Arlon. Le jeune homme est accusé de l'enlèvement, du viol et de l'assassinat de la jeune Béatrice Berlaimont. Après la lecture de l'acte d'accusation, la cour a entendu l'accusé ce lundi après-midi.

Jérémy Pierson, l'assassin présumé de la jeune Béatrice Berlaimont, longuement interrogé, ce lundi, au premier jour de son procès devant la cour d'assises du Luxembourg, a détaillé les circonstances de l'enlèvement, la séquestration et le viol de l'adolescente de 14 ans. Par contre, l'accusé dit toujours avoir retrouvé la victime morte dans un mirador en France, non loin de la frontière belge, où il l'avait retenue.

Jérémy Pierson n'a pas non plus donné de motif à la séquestration. Il estime toutefois que son état sous influence de la drogue peut avoir guidé certains de ses actes. Se montrant souvent hésitant, l'accusé a aussi dit préférer "répondre" à des questions de la présidente Annick Jackers que livrer un récit spontané.


"Elle m'interpelle sur ce que je regarde"

Le 21 novembre 2014, jour de la disparition de l'adolescente, Jérémy Pierson explique s'être rendu près de la Coulée Verte à Arlon, à proximité de l'endroit où il rencontrera Béatrice Berlaimont, avec une Volvo volée la veille, car il connaissait le quartier. Son but était de pouvoir se connecter avec son smartphone, sur des réseaux wi-fi non sécurisées, pour pouvoir y regarder des vidéos.

L'adolescente, se rendant à l'école, l'aurait abordé. "Elle m'interpelle sur ce que je regarde", a-il-indiqué à la présidente Annick Jackers. L'accusé était alors sous influence de drogue et d'alcool. Jérémy Pierson dit que la batterie de smartphone s'étant déchargée, il était remonté en voiture pour la charger. Béatrice l'aurait, selon ce qu'il affirme, suivi. "Je n'avais pas d'autre idée que de continuer à regarder des vidéos."


"Je suis honteux"

A partir de ce moment, l'adolescente ne sera plus complètement libre de ses mouvements. Il abusera d'elle rapidement peu après. Mais questionné à ce sujet, Jérémy Pierson a exprimé une "difficulté" à parler de ces faits. "Je suis honteux", a-t-il dit. D'après Jérémy Pierson, il n'a "pas vu d'expression particulière chez Béatrice".

La victime sera ensuite séquestrée dans un conteneur de chantier, sur le site de la Caserne Callemeyn. Quelques jours après la disparition, l'accusé emmènera alors l'adolescente dans un mirador à Allondrelle-la-Malmaison en France. L'accusé a dit avoir "plusieurs fois été dépassé par la situation".


"Je suis papa aussi, moi aussi dans ce cas, j'aimerais faire mon deuil"

Béatrice a aussi exprimé son désir de rentrer chez elle. "Je ne savais pas quoi faire". La victime sera encore violée dans le mirador. Jérémy Pierson l'entravera à cet endroit avant de quitter les lieux. Il dit l'avoir retrouvé morte le 29 novembre 2014 mais n'être venu rechercher le corps que deux jours plus tard avec une autre voiture volée. "Si je l'avais laissée-là, on ne l'aurait jamais retrouvée... Je l'ai prise, comme cela il n'y aura plus de doute et l'ai mise dans la région d'Arlon où on faisait les recherches", a expliqué l'accusé.

"Je suis papa aussi, moi aussi dans ce cas, j'aimerais faire mon deuil et avoir des réponses", a-t-il aussi déclaré lors de son interrogatoire de début de procès.

Le corps de Béatrice sera découvert dans une sapinière par un promeneur à Sesselich (Arlon), le 1er décembre 2014. Il abandonnera aussi la Toyota et volera ensuite une Alfa Roméo à Wolkrange (Messancy). Pierson a appris la découverte du corps "une heure après".


Il agresse et viole une jeune automobiliste

Trois jours plus tard, il a agressé et violé - en la forçant à un rapport oral - une jeune automobiliste, qui s'était arrêtée en bordure de route, en périphérie d'Arlon, pour répondre au téléphone. Il avait alors attaché cette autre victime dans sa voiture. Pierson avait quitté les lieux pour aller chercher de l'argent avec la carte de la victime. La jeune automobiliste avait réussi à se défaire de ses liens et avait été secourue.

Des analyses ADN relevées dans les deux dossiers permettront de remonter jusqu'à Jérémy Pierson, déjà connu de la justice pour faits de mœurs.

La journée de mardi sera consacrée aux témoignages du juge d'instruction Jacques Langlois, qui a été chargé du dossier, et des enquêteurs.

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