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L'AFSCA retire son autorisation à un site de stockage de la Raffinerie tirlemontoise: des "corps étrangers" repérés dans le sucre

L'Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (AFSCA) a retiré, ce vendredi, l'autorisation qu'elle avait accordée à la Raffinerie tirlemontoise pour son site de Wanze à la suite d'une plainte déposée par un client qui a trouvé des corps étrangers dans le sucre issu de ce site. Un dossier d'enquête a été ouvert. Il en ressort "des manquements liés aux infrastructures de stockage du sucre (silos) et des lacunes dans la transmission d'informations exigées par l'AFSCA", indique l'agence fédérale dans un communiqué. Le site de Wanze ne distribuant son produit qu'à d'autres entreprises agroalimentaires, le risque direct pour le consommateur peut être écarté, ajoute-t-elle.

Nous avons pu joindre le porte-parole de l'AFSCA. Il précise que le site de Wanze est un site de stockage, et non de production ou de transformation. "Il faut savoir aussi que le site ne travaille qu'en B2B, donc de business to business, il ne vend qu'à des clients actifs dans la chaîne alimentaire, pas au consommateur. On parle vraiment d'un incident dans la chaîne alimentaire. Il y a un des clients qui s'est plaint chez nous d'un problème dans le sucre qu'il achetait, avec des petits corps étrangers dans certains lots reçus. Nous avons ouvert une enquête, on est allé sur place plusieurs fois, on a demandé beaucoup de documents. On a mis sous saisie la marchandise. D'abord sur un silo principal, puis sur l'ensemble de la marchandise quand on a vu que les informations qui nous étaient communiquées étaient parfois manquantes", précise Jean-Sébastien Walhin, interrogé par Céline Praile.

L'Agence fédérale explique avoir remarqué des problèmes dans l'infrastructure pour le stockage du sucre. "Dans le sens où, dans certains silos, des petites particules de béton du silo pouvaient intégrer le sucre lorsque des ouvriers devaient manipuler les silos pour faire écouler le sucre", confie le porte-parole de l'AFSCA. "On a identifié le problème. On a demandé toute une série d'informations à l'entreprise, qu'on a parfois eu du mal à obtenir, voire des informations imprécises. Aujourd'hui, on a pris la décision, étant donné les manquements d'infrastructure et la mauvaise communication de l'entreprise, de retirer l'autorisation de l'entreprise sur son site à Wanze. Donc nullement le groupe, uniquement le site à Wanze", explique Jean-Sébastien Walhin.

"L'autorisation peut être à nouveau accordée à partir du moment où les infrastructures seront rénovées et où le problème sera résolu. On fera une inspection sur place avant de rendre l'autorisation pour voir si l'ensemble des non conformités a été remis en ordre", ajoute le porte-parole de l'AFSCA.

Ça ne concerne nullement l'assiette du consommateur

Les corps étrangers sont un mélange de béton et de substance alimentaire faite pour pouvoir être en contact avec la nourriture. "Au niveau chimique il n'y a aucun risque, c'est inerte. Par contre, au niveau physique on pourrait avoir des problèmes si on devait consommer des denrées alimentaires à base de ce sucre en question, si les particules représentent une certaine taille. A nouveau, ici on parle de mesure préventive pour une chaîne alimentaire contrôlée et sécurisé, mais ça ne concerne nullement l'assiette du consommateur. Le consommateur qui achète le sucre de cette entreprise, ces marchandises ne sont pas concernées par ce problème", tient à préciser l'Agence fédérale.

Pourrait-il y avoir un risque au niveau des produits fabriqués en utilisant le sucre du site de Wanze? "Une fois que l'agence a été mise au courant de la situation potentielle. On est allé sur place, on a fait des vérifications, d'inspection sur site, et on a demandé d'obtenir la liste complète de tous les clients. On a ordonné des mesures qui font en sorte que tous les clients soient avertis et qu'ils fassent leur analyse de risque, leur étude par rapport à la réception de lots du site de Wanze. C'est aux entreprises clientes de réaliser ce travail d'analyse. Jusqu'à présent, aucun rappel de produit n'a dû être effectué. Jusqu'à présent le consommateur n'est pas du tout concerné", conclut Jean-Sébastien Walhin.

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