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L'avocat du pompiste révèle sa stratégie de défense: "Nous ne plaidons absolument pas la légitime défense"

Le pompiste de Comblain-au-Pont, Dominique Castronovo, qui a tiré le véhicule de voleurs et abattu un cambrioleur, a été libéré sous conditions ce mardi matin. Son avocat, maître Pascal Rodeyns, s'est exprimé juste avant la décision de la chambre du conseil de libérer son client.

Nous plaidons que monsieur [...] ne vise pas à tuer quelqu'un, mais vise à arrêter le véhicule

Il donne plus de précisions sur la stratégie de défense qu'il met en place pour Dominique Castronovo. "On a eu un rapport très détaillé du juge d'instruction, évidemment sur les éléments nouveaux de l'enquête. En ce qui me concerne, j'ai développé que monsieur n'était animé par aucune intention homicide. Dans ce dossier, nous ne plaidons absolument pas la légitime défense. Ce n'est pas du tout un cas de légitime défense. Nous plaidons que monsieur, lorsqu'il fait feu vers le bas de la voiture, ne vise pas à tuer quelqu'un, mais vise à arrêter le véhicule, et qu'il est dans ce moment-là dans un état d'esprit qui entre dans le cas de l'article 71 du code pénal", indique Me Rodeyns, interrogé par Mathieu Langer et Marc Evrard.

Voici ce que dit l'article 71 du code pénal: Il n'y a pas d'infraction lorsque l'accusé ou le prévenu était atteint, au moment des faits, d'un trouble mental qui a aboli [...] sa capacité de discernement ou de contrôle de ses actes ou lorsqu'il a été contraint par une force à laquelle il n'a pu résister.

Mon client est quelqu'un qui est abattu

L'avocat a également dit un mot sur l'état d'esprit du pompiste. "Mon client est quelqu'un qui est abattu, parce qu'il n'a jamais eu l'intention d'ôter la vie à ce jeune homme. On est face à un vieux monsieur sans antécédent, qui est fatigué de la vie et fatigué par ces nuits passées à dormir dans son commerce", explique-t-il.

Au final, la chambre du conseil de Huy a suivi l'argumentation de l'avocat en libérant sous conditions Dominique Castronovo. Voici les éléments avancés par l'avocat pour demander la libération du gérant de station-service: "Un homme de 72 ans qui n'a pas le moindre antécédent judiciaire, qui n'a pas tiré dans un esprit rageur pour tuer un cambrioleur, mais qui a tiré vers le bas pour essayer d'arrêter une voiture, ne représente aucun danger pour la société. Pour moi, les critères de la loi sur la détention préventive ne sont plus remplis".

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