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L’Eglise perquisitionnée : deux tombes de cardinaux examinées

Des perquisitions ont eu lieu au cœur de l’Eglise, à l’archevêché de Malines mais aussi au domicile du Cardinal Danneels. Les tombes de deux archevêques ont même été examinées pour tenter de retrouver de présumés dossiers cachés de pédophilie.

La situation est grave. C’est la première fois en Belgique que des perquisitions sont menées au cœur même de l’Eglise catholique belge. Cette opération est ouverte suite à une plainte dont on ne sait rien pour l’instant, explique la journaliste Mathieu Col. L’instruction est ouverte à charge d’inconnus pour des faits d’attentat à la pudeur sur mineurs d’âge. Le ministre de la Justice lui-même se dit surpris par la méthode utilisée. Les dossiers d’abus sexuels au sein du clergé sont gérés par une commission qui décide ou non de porter l’affaire devant la justice.


Deux tombes perforées

Dans la cathédrale de Malines, les tombes des cardinal Ven Roey et Suenens ont été perforées par les enquêteurs. Ils ont pu percer les tombes et y introduire une caméra. L’endroit est sous-terrain et la crypte a récemment fait l’objet de travaux : des dossiers cachés auraient pu s’y trouver, cachés. "Aucun document n’a été retrouvé dans la cathédrale, dit Jean-Marc Meilleur, porte-parole du parquet de Bruxelles. Il faut signaler qu’une tombe qui se trouve dans la cathédrale a été partiellement ouverte, sur base d’indications d’un membre du personnel travaillant dans la cathédrale. Il a indiqué aux enquêteurs que s’ils cherchaient un endroit où des travaux avaient été récemment entrepris, il fallait regarder cette tombe qui a été partiellement ouverte, analysée et refermée bien évidemment", dit-il.


475 dossiers, des ordinateurs et DVD saisis

Les perquisitions ont permis de saisir 475 dossiers, des ordinateurs, des CD et DVD qui devront être analysés : "Les documents doivent être analysés par les enquêteurs au regard du dossier du juge d’instruction pour voir s’ils sont contributifs ou non à ce dossier. Puis, ils seront soit restitués à la commission, soit analysés dans le cadre d’autres dossiers s’ils contiennent des éléments répréhensibles pénalement. Mais c’est au juge d’instruction et au parquet d’en décider au moment de l’analyse de ces dossiers", poursuit Jean-Marc Meilleur.


Les évêques, retenus pendant 9 heures

Tous les évêques du pays ont été questionnés hier après-midi. Au moment où la police est arrivée pour fouiller le bâtiment, se tenait une réunion épiscopale : les évêques ont été interrogés parce qu’ils étaient tout simplement sur place, explique le journaliste Mathieu Col. Mais tout de même, poursuit-il, leur téléphone portable a été confisqué pendant la durée de l’opération et ils ont été retenus pendant 9 heures avant d’être relâchés.


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