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Dates falsifiées sur des viandes surgelées, étiquetage douteux: des centaines de produits retirés des magasins Delhaize et Colruyt

Delhaize a décidé de suspendre sa collaboration avec les abattoirs VEVIBA et avec le groupe Verbist, propriétaire de l'entreprise de Bastogne dont les agréments ont été retirés mercredi. Suite à cette annonce, Colruyt a également assuré que les produits provenant de la salle de découpe de l'entreprise de Bastogne seront retirés de la vente. Ne se fournissant pas chez ce producteur, Carrefour n'était pas concerné par la problématique.

Plusieurs enseignes de grande distribution ont décidé de retirer de leurs rayons tous les produits provenant d'une entreprise de production de viande située à Bastogne. En cause? Cette entreprise a perdu son agrément lui permettant d'exercer son activité. Les chaînes de grande distribution Delhaize et Colruyt ont affirmé qu'elles retireraient de leur rayon les produits provenant de l'entreprise de Bastogne mise en cause depuis hier (mercredi 7 mars). De son côté, le groupe Carrefour a indiqué qu'il ne se fournissait pas chez ce producteur et n'était donc pas concerné. A l’exception d’une partie du haché provenant de VEVIBA (lire notre article Deux produits potentiellement à risque pour le consommateur), la viande fraiche belge actuellement en vente n’est pas concernée pas la problématique.


Les dates ont-elles été falsifiées?

La perte des agréments, décidée par le ministre fédéral de l'Agriculture Denis Ducarme et l'Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (AFSCA), fait suite à une perquisition menée par un juge d'instruction, la semaine dernière, sur le site de VEVIBA, dans un abattoir, un atelier de découpe et un surgélateur industriel. Les infractions constatées à cette occasion concernent la falsification de renseignements sur la date de congélation de la viande et une non-conformité de plus de 50% des produits contrôlés. "Nous attendons désormais des conseils plus spécifiques de l'AFSCA", a ajouté le porte-parole de Delhaize.

 

Colruyt veut fournir "de la viande saine" à ses clients

Après Delhaize, Colruyt affirme prendre les "mesures nécessaires" afin de pouvoir garantir à ses clients "une viande saine, sûre et pouvant faire preuve d'une traçabilité sans faille". Selon l'enseigne, 90% de la viande vendue dans ses rayons est livrée en carcasse, découpée et traitée par des bouchers chevronnés au sein du groupe. Une liste de produits retirés chez Delhaize circule dans d'autres médias. D'après le porte-parole de l'enseigne, elle ne provient pas d'une communication de leur groupe. Une grande partie des produits de boucherie qui contiennent du boeuf ont été retirés préventivement, ou plus précisément "mis en quarantaine", dans l'attente de consignes plus précises de l'Afsca. 

 

Quid de Carrefour?

De son côté, Carrefour a fait savoir que l'entreprise de Bastogne ne faisait pas partie de ses fournisseurs. Mais le groupe collabore avec l'abattoir Adriaens de Zottegem, repris il y a quelques années par VEVIBA. "Des contrôles inopinés ont eu lieu plusieurs fois par semaine dans cet abattoir. Il n'y a jamais eu d'indication concernant le moindre problème", affirme le porte-parole de Carrefour, Baptiste van Outryve.

La filière bovine ne peut pas attendre. C'est urgentissime de pouvoir faire fonctionner cet outil

300 emplois en jeu

Ce matin sur Bel RTL, le ministre régional René Collin exprimait son inquiétude: "On a un outil de travail qui est suspendu. On a 300 emplois qui sont en jeu. On a aussi derrière cette entreprise toute la filière bovine wallonne."

Mais de rester optimisme: "Je suis sur qu'il y a un moyen de mettre en place un dispositif de crise qui puisse assurer une reprise urgente des activités. La filière bovine ne peut pas attendre. C'est urgentissime de pouvoir faire fonctionner cet outil".

De son côté, le ministre régional René Collin dit exprimer "sa vive préoccupation à la fois vis-à-vis de cet outil essentiel pour l'économie régionale, avec plus de 300 emplois salariés en jeu, et vis-à-vis de la filière bovine wallonne dont on connait déjà les graves difficultés." "Il en va du maintien des emplois de l'entreprise, mais tout autant des éleveurs bovins qui doivent pouvoir compter sur des outils de valorisation performants et permanents", ajoute le communiqué. Le dossier sera évoqué ce jeudi au gouvernement wallon.

 

 

 

 

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