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La Cour suprême britannique empêche une femme de divorcer

(Belga) La Cour suprême britannique a décidé mercredi qu'une sexagénaire devait rester mariée à son époux même si elle n'était pas heureuse en ménage, une décision de justice qui a suscité une bronca contre une justice jugée "archaïque".

Tini Owens, 68 ans, mariée à Hugh Owens, 80 ans, depuis quarante ans a quitté le domicile conjugal en 2015, et lancé des démarches pour divorcer. Elle a expliqué aux juges de la Cour suprême que leur mariage était "sans amour" et "brisé" en raison de l'attitude de son mari. Mais son époux refuse de divorcer et a démenti les accusations portées à son encontre. Si le mariage est "irrémédiablement brisé", c'est la faute de son épouse qui a eu une liaison et qui "s'ennuie", avance-t-il. L'affaire est passée devant un juge aux affaires familiales puis en appel, et finalement la Cour suprême a tranché mercredi: Mme Owens doit rester mariée à Mr Owens. La présidente de la Cour a qualifié le cas de "très troublant" mais déclaré qu'il ne revenait pas aux juges de "changer la loi". "Notre rôle est seulement d'appliquer la loi que le Parlement nous a donnée". Plusieurs motifs de divorce sont possibles en Angleterre et au Pays de Galles comme l'adultère, une "attitude déraisonnable" ou un abandon. Si le couple vit séparé depuis plus de deux ans mais s'accorde pour divorcer, la procédure est possible. En revanche, si l'un des deux refuse, l'autre doit attendre cinq ans pour pouvoir divorcer. Mrs Owens devra donc patienter encore deux ans. Une association d'avocats spécialisés dans le droit de la famille, Resolution, s'est émue de la décision, déplorant qu'on puisse encore, au 21e siècle, rester "prisonnier d'un mariage". Resolution en appelle au gouvernement pour prendre des mesures rapides afin de mettre fin à cette situation. Pour l'avocat de Tini Owens, Me Simon Beccle, la décision "souligne le besoin urgent pour le Parlement de changer la loi pour permettre aux couples de divorcer avec plus de dignité". (Belga)

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