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Le Père Samuel inculpé pour abus de confiance et détournement

 
 

Après une quinzaine d'heures d'interrogatoire, le religieux controversé est ressorti libre mercredi en fin de soirée. Soupçonné de blanchiment d’argent ainsi que de faits de mœurs, le prédicateur a été inculpé.

Le Père Samuel et le trésorier de son asbl ont été inculpés d'abus de confiance et de détournement, des faits qui concerneraient une somme de 500.000 euros en une dizaine d'années, a indiqué jeudi le procureur du Roi de Charleroi. Les deux intéressés ont cependant été laissés en liberté, sous conditions.

Dans la journée de mercredi, dix-sept perquisitions ont eu lieu, à Charleroi et dans la région de Bruxelles. Elles visaient, à Montignies-sur-Sambre, l'église Saint-Antoine-de-Padoue, où le Père Samuel, (Charles Clément Boniface de sa véritable identité), célèbre ses offices dominicaux depuis qu'il est en rupture avec l'église catholique. Elles ont également ciblé le siège de l'asbl "Eglise Saint André et Sainte Rita", établie à Molenbeek-Saint-Jean, dans la région bruxelloise. Cette asbl est présidée par le Père Samuel. Ont aussi été perquisitionnés les domiciles de proches, membres de la famille du religieux ou du conseil d'administration de l'asbl, ainsi que plusieurs agences bancaires.

Pendant plusieurs heures, le Père Samuel a ensuite été entendu dans les locaux de la police judiciaire fédérale, tout comme le trésorier de l'asbl, William Bernar, un électricien domicilié à Strepy-Bracquegnies (La Louvière). Ces deux auditions se sont poursuivies tard dans la soirée, et se sont terminées dans le bureau de la juge d'instruction Jacqueline De Mol, qui dirige cette enquête depuis près de deux ans.

Tard dans la nuit, le Père Samuel et William Bernar ont été inculpés d'abus de confiance et de détournement au préjudice de l'asbl. Ils ont été laissés en liberté sous conditions et notamment celle de ne plus poser aucun acte juridique au sein de l'asbl, pour laquelle un administrateur provisoire va être désigné.

Le procureur du Roi de Charleroi, Christian De Valkeneer, a expliqué que l'enquête avait débuté en 2007, sur base de suspicion de détournement et de non respect de la législation en matière d'asbl, et de blanchiment. Une enquête notamment bancaire et immobilière a été alors été menée, qui a abouti aux perquisitions de jeudi.

Selon les éléments dont on dispose actuellement, les faits litigieux auraient consisté à ne pas faire rentrer dans la comptabilité de l'asbl des montants considérables, reçus de donations. Le Père Samuel aurait expliqué à ce propos que cet argent lui avait permis d'aider des nécessiteux en le leur distribuant.

L'enquête va maintenant s'efforcer de vérifier si ces dons non comptabilisés n'ont pas permis l'ouverture d'autres comptes bancaires dont auraient profité des hommes de paille, ou s'ils auraient permis des investissements immobiliers.

Le procureur du Roi a notamment cité le cas de proches, membres de la famille du père Samuel, "des neveux", a-t-il précisé, qui ont consenti depuis une dizaine d'années d'importants investissements, dans des immeubles de rapport.

Au total, les sommes ainsi dissipées peuvent actuellement être estimées à environ 500.000 euros. L'enquête va se poursuivre et pourrait amener d'autres inculpations, a encore indiqué M. De Valkeneer. Le Père Samuel et le trésorier de son ASBL ont été inculpés d'abus de confiance et de détournement, des faits qui concerneraient une somme de 500.000 euros en une dizaine d'années, a indiqué jeudi le procureur du Roi de Charleroi.

Ce n’est pas la première fois que le père Samuel est confronté à la justice. Ce prêtre catholique né en Arménie vit en Belgique depuis les années 70 et a déjà dû faire face a plusieurs accusations. En désaccord avec la hiérarchie catholique belge, il a créé sa propre église. En 2002, il en ouvre les portes à plusieurs journalistes, devant lesquels il tient des propos virulents envers l’Islam. Cela pousse le Centre pour l'égalité des chances et la lutte contre le racisme à porter plainte, et le père Samuel se retrouve devant le tribunal correctionnel. Le père Samuel se dit voyant et exorciste, et plusieurs personnes ont porté plainte contre lui pour « manipulation mentale » dont elles auraient été victimes.

Qui est le Père Samuel  ?

Ce jeudi matin sur Bel RTL, Manuel Abramowicz, responsable de l’observatoire de l’extrémisme, décrit le Père Samuel comme un " leader d’un groupe sectaire religieux catholique" qui comporte environ 2.000 fidèles. Grâce à son charisme et ses capacités de leader religieux, il arrive à mobiliser ses fidèles à chaque intervention publique.

Après avoir enquêté sur ce prédicateur controversé, Manuel Abramowicz affirme que le père Samuel tient des discours enflammés et virulents de type islamophobe. "A l’heure actuelle, dans une société un peu déstabilisée sur le plan spirituel, il arrive à développer un discours qui peut plaire à une partie de fidèles, prêts à se lancer dans ce type de croisade."

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