En ce moment
 
 

Louise Lavergne tuée par son voisin délinquant sexuel: trois policiers liégeois inculpés d'homicide involontaire

Trois policiers liégeois sont inculpés d'homicide involontaire par défaut de prévoyance pour la mort de Louise Lavergne. L'étudiante française de l'Université de Liège a été tuée par son voisin il y a 2 ans. Le récidiviste s'était ensuite suicidé. La victime avait averti la police plusieurs mois plus tôt et les policiers n'avaient pas réagi.

Tout commence deux ans et demi avant le drame. Patrick Vanderlinden glisse un mot explicite sous la porte de sa voisine étudiante, en s'enfuyant nu dans la cage d'escalier. La semaine suivante, Louise Lavergne et son compagnon se rendent au commissariat pour porter plainte à Angleur.

Ne voulant pas inquiéter sa maman ni créer d'incident, la jeune femme décide de ne pas poursuivre l'auteur des faits et dépose une main courante auprès d'un premier policier qui la conduit vers un collègue.

"Le troisième policier qui lui est chargé de surveiller l'exécution de la peine et surtout de la libération de Mr Verlinden ne va pas avoir accès à cette fameuse main courante. Il y a donc un dysfonctionnement dans la conception même du service informatique, c'est une évidence", indique Jean-Louis Gilissen, avocat de deux policiers de la ville de Liège.

Aujourd'hui, trois policiers liégeois sont poursuivis pour homicide involontaire par défaut de prévoyance. Le" renvoi en correctionnelle est sollicité par le parquet. La défense des policiers demande que le dossier principal soit joint au dossier d'homicide involontaire.

"Ce sont des gens qui travaillent, qui essaient de bien faire, qui ne renvoient pas la jeune fille vers son commissariat local, qui ne dit pas 'écoutez ce n'est pas bien grave, foutez-nous la paix, on a autre chose à faire'. Non. Ils reçoivent la jeune fille, ils font ce qu'ils croient devoir faire. S'il y a de la souffrance chez les proches de Melle Lavergne, il y a aussi de la souffrance chez les policiers qui sont accusés dans ces conditions-là" , assure Jean-Louis Gilissen. 

Depuis, l'auteur s'est donné la mort en prison en juin 2018. Deux des trois policiers ont été suspendus suite à une enquête disciplinaire. L'un d'entre eux est toujours en dépression depuis sa mise en cause dans le décès de la jeune femme.

Vos commentaires