Ludovic, membre des Kamikaze Riders, ne comprend pas: "On fait des bonnes actions à la base"

Ludovic, membre des Kamikaze Riders, ne comprend pas:

Un membre du club de motards Kamikaze Riders, dont les deux hommes suspectés d'avoir préparé des attentats contre des lieux symboliques de Bruxelles durant les fêtes de fin d'année font partie, témoigne. Il connaissait bien les deux hommes et n'avait jamais entendu de paroles radicales de leur part. Aujourd'hui, il parle pour retirer l'étiquette d'extrémiste que cette affaire a collé au nom de son club. "Ce n'est pas parce que quelqu'un fait une bêtise que les autres doivent en pâtir."

Saïd Souati, 30 ans, et Mohamed Karay, 27 ans, sont les deux hommes placés sous mandat d'arrêt à l'issue de plusieurs perquisitions exécutées dans le cadre d'un dossier de terrorisme après les perquisitions menées dimanche et lundi. Ils font partie d’un club de motards baptisé les Kamikaze Riders. C’est d’ailleurs Saïd Souati qui l’a fondé. Le club compte aujourd’hui une cinquantaine de membres et ce mercredi, l’un d’entre eux se confie.

Ludovic Ansel fait partie du club depuis 10 ans. Il ne comprend pas. Pour lui, le club de motards n’est en rien un gang et encore moins un groupe terroriste, mais une famille qui partage la passion de la moto. "Ce ne sont pas que des Arabes, que des musulmans. Il y a des chrétiens, il y a des Africains. On est une famille. On fait des clips vidéos, on fait des rassemblements moto, on fait des bonnes actions aussi pour des écoles défavorisées ou autres. C’est vraiment une famille et on est là pour se soutenir", a-t-il expliqué au micro de Benjamin Samyn et Benoit Demaret dans le RTLINFO 13H, lors d'une rencontre à Charleroi.


"A fond dans leur religion, mais jamais de paroles extrémistes"

"Je connais Mohamed Karay et Saïd Souati depuis des années, et suis surpris de leur arrestation. Tous deux étaient certes à fond dans leur religion mais ils n'ont jamais eu de geste ou de parole extrémiste. Je n'ai jamais été témoin de propagande islamiste de leur part", a déclaré Ludovic Ansel à l’agence Belga.

Pourtant, Souati a des liens avec le groupuscule islamiste Sharia4Belgium via les frères Elouassaki, une famille de combattants en Syrie originaire de Vilvorde. Abdelouafi Elouassaki, l'aîné des quatre frères, était membre des Kamikaze Riders et est décédé en mai 2013 lors d'un accident de la circulation. Un mois plus tôt, l'homme avait été interpellé lors d'actions judiciaires à l'encontre de Sharia4Belgium. Abdelouafi Elouassaki n'aurait jamais appartenu à Sharia4Belgium mais ses trois frères, Hussain, Hakim et Abdelkrim, sont partis combattre dans les rangs des djihadistes en Syrie. Ces dernières années, le club de moto, et plus particulièrement son fondateur Saïd Souati, n'a pas dissimulé sa sympathie pour l'Etat islamique sur les réseaux sociaux.


Mohamed Karay, "un gars en or"

Quant à Mohamed Karay, "c’est exactement la même chose que Said. C’est un gars en or", explique encore Ludovic Ansel dans le RTLINFO 13H. "Je le connais très bien et on n’a jamais eu de soucis. On n’a jamais entendu parler de radicalisme ou autre. On fait des bonnes actions à la base. C’est ça que je ne comprends pas", déplore-t-il. Aujourd’hui, il regrette que le nom du club soit associé aux deux hommes soupçonnés de terrorisme. "Cela me fait mal au coeur de voir le nom de ce club sali par les médias. Ce n'est pas parce que quelqu'un fait une bêtise que les autres doivent en pâtir."

Les membres du club prennent donc leurs distances par rapport aux accusations qui pèsent sur les deux hommes. Ils attendent les avancées de l’enquête. Selon le parquet fédéral, il existait des indices sérieux concernant des projets d'attentats durant les fêtes de fin d'années dans plusieurs endroits symboliques de Bruxelles. Lors des perquisitions chez les suspects ont été trouvées des tenues militaires. Chez l’un d’eux, du matériel d’airsoft a également été découvert.

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